À Paris, une carte des églises orthodoxes se lit par juridiction plutôt que par quartier. À moins d’une demi-heure de métro, on passe d’une cathédrale grecque à style roman à une chapelle gothique devenue roumaine, d’un ancien temple protestant serbe à un édifice russe à bulbes dorés. L’annuaire de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France pour 2024 donne, parmi les sièges de ses treize évêques membres, cinq adresses parisiennes différentes, et le compte des églises est bien plus large.

Ce panorama dresse la carte par tradition, avec pour chaque église une adresse et une source datée du 1er novembre 2026, et sans aucun horaire d’office, que seule la paroisse peut donner.

Le panorama en un tableau

Église Arrondissement Juridiction Source
Cathédrale grecque Saint-Étienne 16e Métropole grecque, patriarcat œcuménique Wikipédia ; annuaire 2024
Saints-Archanges (cathédrale roumaine) 5e Métropole roumaine, patriarcat de Roumanie Base Mérimée ; Wikipédia
Cathédrale Saint-Sava 18e Éparchie serbe d’Europe occidentale Annuaire 2024 ; Wikipedia
Cathédrale Saint-Alexandre-Nevski 8e Archevêché de tradition russe Annuaire 2024
Cathédrale des Trois-Saints-Docteurs 15e Diocèse de Chersonèse, patriarcat de Moscou Wikipédia
Cathédrale de la Sainte-Trinité, quai Branly 7e Diocèse de Chersonèse, patriarcat de Moscou Wikipédia
Saint-Séraphin-de-Sarov 15e Archevêché de tradition russe Wikipédia
Église Saint-Serge 19e Archevêché de tradition russe Livret de l’Institut

Les cinq premières lignes sont des églises que leurs juridictions désignent comme cathédrales ; les trois dernières sont des églises paroissiales ou liées à une institution. L’archevêché antiochien, la métropole bulgare et l’éparchie géorgienne ont des sièges ou des paroisses évoqués plus bas.

Pourquoi tant de juridictions

Une même ville abrite plusieurs Églises orthodoxes parce que l’orthodoxie est organisée par patriarcats et par Églises nationales, et que chacune a suivi ses fidèles à l’étranger. Les Grecs relèvent de Constantinople, les Russes de Moscou, les Roumains de Bucarest, les Serbes de Belgrade, les Géorgiens de Tbilissi, les Bulgares de Sofia, les Antiochiens de Damas. À l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, ils siègent ensemble. Le pilier sur les patriarcats et juridictions explique le cadre, sans prendre parti dans les différends entre Églises. Ici, on avance par adresse.

La tradition grecque : Saint-Étienne, rue Georges-Bizet

La cathédrale Saint-Étienne est au 7 rue Georges-Bizet, dans le 16e arrondissement. Première pierre en 1890, consécration le 22 décembre 1895, architecte Joseph Auguste Émile Vaudremer : extérieur néo-roman, intérieur de plan byzantin. Elle est le siège de la métropole grecque orthodoxe de France depuis 1963 et celui de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, comme le rappelle l’en-tête de l’annuaire 2024. Elle est classée monument historique. Charles Lameire a peint ses murs intérieurs, Ludwig Thiersch a réalisé l’iconostase de marbre et Léon Avenet les vitraux ; le banquier Demetrius Schilizzi l’a financée et donnée à l’État grec à la condition qu’elle serve au culte orthodoxe et à la communauté grecque de Paris. On y a célébré en 1936 les funérailles d’Eleftherios Venizélos et en 1977 celles de Maria Callas. Son histoire est racontée dans l’article sur les Roumains, Serbes et Grecs de France. La paroisse géorgienne Sainte-Nino, à Paris, relève elle aussi de la métropole grecque, selon Wikipédia.

Une femme élégante marche sur un trottoir parisien bordé d'immeubles de pierre claire et d'arbres
Une rue du 16e arrondissement, quartier de la cathédrale grecque.

La tradition roumaine : une chapelle du XIVe siècle

Les Saints-Archanges Michel, Gabriel et Raphaël occupent la chapelle de l’ancien collège de Beauvais, au 9 bis rue Jean-de-Beauvais, dans le 5e arrondissement. La chapelle date des années 1370 et le bâtiment est protégé au titre des monuments historiques. Une communauté roumaine existe à Paris depuis le milieu du XIXe siècle et occupe ce lieu depuis les années 1880, d’après un compte rendu de 2022. L’église est la cathédrale de la métropole roumaine d’Europe occidentale et méridionale. L’annuaire de 2024 donne l’adresse administrative de la métropole à Limours, dans l’Essonne : le siège administratif et le lieu de culte ne coïncident pas.

La tradition serbe : un temple de 1905

L’église et cathédrale Saint-Sava est au 23 rue du Simplon, dans le 18e arrondissement. Construit en 1905 comme temple protestant, le bâtiment a été loué pour le culte serbe en 1962 et acheté en 1984. Le siège de l’éparchie d’Europe occidentale du patriarcat de Serbie y est établi, comme l’indique l’annuaire 2024. Un article de presse de 2018 relevait que la paroisse fêtait cette année-là soixante-dix ans de présence missionnaire, et que le décor de l’église avait été réalisé avec l’aide d’iconographes ayant travaillé à la crypte de la cathédrale Saint-Sava de Belgrade. L’éparchie, qui couvre la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Espagne et le Portugal, est multiethnique et multilingue d’après la notice qui la décrit.

La tradition russe : plusieurs lignes, plusieurs églises

Le monde russe de Paris n’est pas un seul bloc, et c’est ce qui le rend difficile à lire. Les fidèles de tradition russe se répartissent entre plusieurs structures. Leur présence s’enracine dans l’exil qui a suivi la révolution de 1917 : l’archevêché est créé en 1921 autour du métropolite Euloge, et l’Institut de théologie Saint-Serge ouvre sa première rentrée le 30 avril 1925.

La cathédrale Saint-Alexandre-Nevski, au 12 rue Daru dans le 8e arrondissement, est le siège de l’archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale. C’est la plus connue des églises russes de la capitale, et elle mérite une monographie que ce site ne double pas : l’église russe de Tours lui consacre un long texte, la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de la rue Daru, auquel on se reportera pour son histoire et son architecture.

Le diocèse de Chersonèse, du patriarcat de Moscou, a sa cathédrale des Trois-Saints-Docteurs au 5 rue Petel, dans le 15e arrondissement. Le même diocèse a inauguré le 19 octobre 2016 une nouvelle cathédrale de la Sainte-Trinité, quai Branly, dans le 7e arrondissement. Wikipédia liste aussi dans ce diocèse la paroisse Notre-Dame-Joie-des-Affligés-et-Sainte-Geneviève ; la notice ne précise pas son rite, et ce site ne l’affirme donc pas.

Du côté de l’archevêché, l’église Saint-Séraphin-de-Sarov est au 91 rue Lecourbe, dans le 15e arrondissement ; ses offices suivent la tradition russe et ont lieu en français et en slavon. Son intérieur a été ravagé par un incendie en 2022 avant d’être restauré l’année suivante. L’église Saint-Serge, au 93 rue de Crimée dans le 19e arrondissement, est liée à l’Institut de théologie orthodoxe du même nom : elle occupe l’ancienne église luthérienne allemande dont l’histoire est racontée dans l’article sur l’Institut Saint-Serge.

Cette répartition reflète l’histoire récente des juridictions russes en France. L’archevêché a été rattaché à Constantinople en 1931, puis à Moscou en 2019 après le vote d’une assemblée extraordinaire, tandis que le diocèse de Chersonèse relève de Moscou sans avoir connu ce parcours. Une partie des clercs et des fidèles est restée sous Constantinople. Ce site expose ces faits sans trancher.

Les autres traditions

Quatre autres traditions ont une présence à Paris ou dans les sources parisiennes :

  • géorgienne : la paroisse Sainte-Nino de la métropole grecque ; l’éparchie géorgienne d’Europe occidentale a son siège à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne ;
  • bulgare : la métropole bulgare d’Europe occidentale et centrale a une paroisse à Paris ;
  • antiochienne : l’archevêché de France, d’Europe occidentale et méridionale a son siège à Paris, dans le 16e arrondissement, d’après l’annuaire de 2024 ;
  • ukrainienne : un diocèse d’Europe occidentale rattaché à Constantinople, dont le siège est à Londres, a deux paroisses en France, selon Wikipédia.
Une femme étudie un plan de ville déplié dans une rue bordée d’immeubles de pierre claire
Un plan à la main : à Paris, les églises orthodoxes sont dispersées et il vaut mieux préparer son trajet.

Cette liste n’est pas exhaustive. Une église peut occuper un local prêté, une chapelle d’hôpital ou une salle paroissiale catholique, et ne figurer dans aucune source consultée. Les groupes qui se disent orthodoxes mais ne sont pas membres de l’Assemblée sont volontairement laissés de côté : leur histoire et les contestations canoniques qui les entourent sont traitées dans l’article sur le rite occidental orthodoxe en France, sans qu’aucune de ces communautés soit recommandée ni dénigrée par ce site.

Au-delà du périphérique

La carte parisienne ne coïncide pas avec celle des juridictions. Trois repères hors de Paris intra-muros figurent dans l’annuaire 2024 :

  • la métropole roumaine a son adresse administrative à Limours, dans l’Essonne ;
  • l’évêque de l’éparchie géorgienne réside à Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne ;
  • un évêque de l’archevêché de tradition russe est situé à Levallois-Perret et un autre dans la Sarthe.

Une partie de la vie orthodoxe de l’agglomération se déroule donc en banlieue, dans des paroisses et des missions qui n’ont pas la visibilité des cathédrales de la capitale. Ce panorama s’en tient à Paris intra-muros parce que c’est le périmètre pour lequel des sources datées ont pu être réunies ; il ne dit rien de l’Île-de-France, qui mériterait sa propre fiche.

Choisir une église à Paris

Le visiteur qui cherche une église n’a pas à se préoccuper de juridiction pour entrer et regarder. S’il souhaite assister à un office, trois critères comptent : la langue, la tradition et la proximité. La langue varie : 81 % des paroisses de France célébraient en français seul ou en alternance en 2024, selon l’étude de 2025, mais la proportion à Paris même n’est pas connue. La tradition se reconnaît à l’iconostase, au chant, aux usages, et l’observation des toits aide à la deviner de l’extérieur. La proximité compte moins qu’on ne le croit, car plusieurs paroisses de la capitale attirent des fidèles de toute l’Île-de-France.

Pour les horaires, il n’y a qu’une réponse sérieuse : la paroisse. Ce site n’en publie aucun. Pour la tenue, la conduite pendant l’office et ce que l’on peut photographier, la page Visiter une église orthodoxe donne l’essentiel. Hors de la capitale, la rubrique Églises en France propose d’autres panoramas, par exemple celui de Nice et celui de la Côte d’Azur, où la présence russe est ancienne.

Comment ce panorama est tenu à jour

Chaque adresse de ce texte renvoie à une source nommée dans la liste en bas de page, et la fiche latérale affiche la date de la dernière vérification : le 1er novembre 2026. Ce site ne publie pas de numéros de téléphone ni de courriels de paroisses, qui relèvent de leurs juridictions. Quand une source change, la fiche est corrigée et la date est mise à jour ; un lecteur qui constate un déménagement, une fermeture ou une erreur d’arrondissement peut le signaler par le formulaire de contact. Rien n’est ajouté à la liste sans une source qu’un lecteur peut ouvrir. Pour le nombre de personnes que rassemblent ces églises, l’article sur le nombre d’orthodoxes en France montre pourquoi aucun chiffre sérieux ne peut être avancé pour la ville seule.

Sources et limites

Les adresses viennent de l’annuaire 2024 de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, de la base Mérimée et des notices Wikipédia citées, toutes consultées le 1er novembre 2026. Une adresse peut changer ; une paroisse peut déménager ou fermer. Les sources sont indépendantes des Églises et paroisses nommées : ce site ne les représente pas. Une erreur peut être signalée depuis la page de contact.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il d’églises orthodoxes à Paris ?

Ce site n’en donne pas de total sourcé pour la ville seule : l’annuaire de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France comptait 320 lieux de culte orthodoxes pour toute la France en 2024. Le panorama ci-dessous recense les églises que des sources datées permettent de nommer.

Où trouver les horaires des offices ?

Ce site ne publie jamais d’horaires d’offices, qui changent selon les paroisses et les périodes. Il faut contacter directement la paroisse concernée, dont les coordonnées figurent sur le site de sa juridiction.

Les offices sont-ils célébrés en français ?

Cela dépend de la paroisse. En 2024, 81 % des paroisses orthodoxes de France célébraient en français seul ou en alternance avec une autre langue, selon une étude fondée sur l’annuaire de l’Assemblée. À Paris, la langue varie d’une église à l’autre.

Quel est le plus ancien bâtiment orthodoxe de Paris cité ici ?

Parmi les églises citées, c’est la chapelle de l’ancien collège de Beauvais, dans le 5e arrondissement, qui date des années 1370 et que la communauté roumaine occupe. Les édifices construits pour le culte orthodoxe sont bien plus récents : la cathédrale grecque Saint-Étienne a été consacrée en 1895.

Peut-on visiter une église orthodoxe à Paris ?

Oui, en respectant l’office quand il y en a un. La page Visiter une église orthodoxe donne les repères pratiques, et chaque paroisse fixe ses propres règles pour les visites.

Sources