La vie liturgique orthodoxe s’organise autour de la divine liturgie et d’un calendrier de fêtes hérité de l’Église indivise, celle des premiers siècles. Cette page donne les repères pour s’y retrouver avant une visite ou une lecture. Elle ne contient volontairement ni les dates de l’année, ni les règles du jeûne, ni la date de Pâques : ces informations changent chaque année et sont tenues à jour, avec soin, par deux sites frères vers lesquels renvoient les liens ci-dessous. Pour la vue d’ensemble de la foi et de l’organisation, la page L’Église orthodoxe sert de point de départ.

La divine liturgie

La divine liturgie est la célébration eucharistique de l’Église orthodoxe, celle de chaque dimanche et de chaque fête. Elle est célébrée principalement selon le rite de saint Jean Chrysostome. Le rite de saint Basile, plus long, est réservé à dix célébrations dans l’année :

  • le 1er janvier ;
  • les veilles de Noël et de la Théophanie ;
  • les cinq dimanches du Grand Carême (le dimanche des Rameaux excepté) ;
  • le Jeudi saint et le Samedi saint.

Des adaptations sont prévues lorsque ces jours coïncident avec un dimanche.

Une liturgie dure généralement entre une heure et demie et deux heures. Les fidèles se tiennent debout pour l’essentiel de l’office, et le chant est a cappella dans la plupart des traditions : l’orgue n’est pas en usage. Le prêtre officie dans le sanctuaire, séparé de la nef par l’iconostase, et plusieurs moments se déroulent derrière ses portes ouvertes ou fermées. Les langues varient : grec, slavon, roumain, géorgien, arabe, français. La liturgie, ordonnée dans la continuité des Pères, vise à ce que chaque participant soit, dans ce lieu et ce temps, en communion avec l’Église entière.

Une femme au foulard léger se tient debout, vue de trois quarts, près d'un chandelier de cuivre garni de fins cierges allumés, devant un mur de pierre
Les fidèles se tiennent debout pour l'essentiel de l'office, dans la lumière des cierges.

Les douze grandes fêtes

Autour de Pâques, fête centrale et plus importante, s’ordonnent douze grandes fêtes :

  • Six commémorent le Christ : la Nativité du Seigneur, le Baptême du Christ ou Théophanie, la Présentation de Jésus au Temple, l’Entrée à Jérusalem (dimanche des Rameaux), l’Ascension et la Transfiguration.
  • Une est celle de la Croix, au 14 septembre, sous le nom d’Exaltation de la Croix.
  • La Pentecôte vient compléter la série.
  • Quatre sont des fêtes de la Mère de Dieu : sa Nativité, sa Présentation au Temple, l’Annonciation et la Dormition.

Pâques ne compte pas dans les douze : elle est au-dessus d’elles, et c’est elle qui détermine la date des fêtes mobiles, comme les Rameaux, l’Ascension et la Pentecôte. La fête de la Dormition, le 15 août du calendrier de l’Église, est l’une des plus importantes dans bien des pays.

Le Grand Carême

Pâques est précédée du Grand Carême. Il commence le Lundi pur et dure quarante jours, jusqu’au vendredi précédant le samedi de Lazare ; si l’on y ajoute la semaine du samedi de Lazare, le dimanche des Rameaux et la Grande Semaine sainte, on atteint quarante-huit jours de préparation avant Pâques. Les décomptes que l’on lit varient entre quarante, quarante-sept et quarante-huit jours selon ce que l’on inclut, ce qui explique qu’une présentation parle de « sept semaines » et une autre de six. La discipline du jeûne, et ce qu’on mange ou non, dépendent de la tradition et de la paroisse ; le mieux est de s’en enquérir auprès de la paroisse fréquentée.

La question du calendrier

Toutes les Églises orthodoxes n’ont pas le même calendrier. Certaines suivent le calendrier julien, d’autres le calendrier julien révisé, adopté au XXe siècle, dont les dates coïncident avec celles du calendrier civil d’usage courant jusqu’en 2800. Parmi les premières figurent notamment les Églises de Russie, de Serbie et de Géorgie. Les secondes comprennent le patriarcat de Constantinople et les Églises de Grèce, de Roumanie, de Chypre, d’Antioche, d’Alexandrie et de Pologne. Résultat : les fêtes à date fixe présentent un décalage de treize jours entre les deux usages. Noël est fêté le 25 décembre dans une paroisse grecque et le 7 janvier dans une paroisse russe, à quelques kilomètres d’écart. Le cadre de ces Églises indépendantes est exposé dans la page Schisme et patriarcats.

Calendrier julien Calendrier julien révisé
Églises citées Russie, Serbie, Géorgie Constantinople, Grèce, Roumanie, Chypre, Antioche, Alexandrie, Pologne
Fêtes à date fixe Décalage de treize jours avec le calendrier civil Mêmes dates que le calendrier civil
Noël 7 janvier 25 décembre
Pâques Comput julien Comput julien, sauf rares exceptions comme la Finlande et l’Estonie

La date de Pâques obéit à une autre règle. Elle reste calculée selon le comput julien dans presque toutes les Églises orthodoxes, y compris celles qui ont adopté le calendrier révisé pour les fêtes fixes. Il y a de rares exceptions, comme les Églises de Finlande et d’Estonie. Les fêtes mobiles qui en dépendent suivent donc Pâques, et non la date civile.

Le visiteur n’a pas à retenir le détail : il lui suffit de savoir que la date d’une fête varie d’une paroisse à l’autre, et de la vérifier auprès de la paroisse.

Une femme élégante au foulard léger marche dans une rue pavée au petit matin, un petit carnet à la main, sous des façades claires
La date d'une fête varie d'une paroisse à l'autre : le plus sûr est de la vérifier auprès de la paroisse.

Le calendrier des fêtes tenu à jour par egliseorthodoxerusse45.com donne les dates de l’année.

À retenir : la date d’une fête varie d’une paroisse à l’autre. Noël tombe le 25 décembre dans une paroisse grecque et le 7 janvier dans une paroisse russe : il suffit de la vérifier auprès de la paroisse.

Les icônes dans la liturgie

L’icône n’est pas une simple image pieuse. La théologie orthodoxe la considère comme une présence, conformément au second concile de Nicée, en 787, qui définit la vénération des images. La crise iconoclaste n’était pas close pour autant : elle reprend au IXe siècle et ne s’achève qu’en 843, avec le rétablissement des icônes que l’Église orthodoxe célèbre chaque année le premier dimanche du Grand Carême sous le nom de « Triomphe de l’Orthodoxie ».

Où poursuivre

Pour une visite pratique, en France ou à l’étranger, la page Visiter une église orthodoxe prolonge ces repères.

Les horaires d’offices ne sont jamais publiés ici : ils appartiennent à chaque paroisse, qui les communique à qui la contacte.

Questions fréquentes

Combien de temps dure une liturgie orthodoxe ?

Généralement entre une heure et demie et deux heures. Les fidèles se tiennent le plus souvent debout, et le chant est a cappella dans la plupart des traditions. Une fête solennelle peut allonger l’office.

Pourquoi Noël n’est-il pas fêté à la même date dans toutes les Églises orthodoxes ?

Certaines Églises suivent le calendrier julien, d’autres le calendrier julien révisé, dont les dates coïncident avec le calendrier civil. Le décalage est aujourd’hui de treize jours pour les fêtes à date fixe, d’où un Noël célébré le 25 décembre ici, le 7 janvier ailleurs.

Qu’est-ce que la liturgie de saint Basile ?

C’est une seconde forme de la divine liturgie, plus longue que celle de saint Jean Chrysostome, utilisée seulement dix fois par an. Elle est réservée à quelques jours précis : le 1er janvier, les veilles de Noël et de la Théophanie, cinq dimanches du Grand Carême, le Jeudi saint et le Samedi saint.

Pâques fait-elle partie des douze grandes fêtes ?

Non. Pâques est la fête centrale, placée au-dessus des douze. C’est elle qui fixe la date des fêtes mobiles, comme les Rameaux, l’Ascension et la Pentecôte, alors que les autres grandes fêtes tombent à date fixe.

Que célèbre le « Triomphe de l’Orthodoxie » ?

Le rétablissement des icônes en 843, à la fin de la crise iconoclaste. L’Église orthodoxe le célèbre chaque année le premier dimanche du Grand Carême.

Sources