Deux Églises orthodoxes, l’une et l’autre établies à Kiev, se présentent aujourd’hui comme l’Église d’Ukraine : l’Église orthodoxe d’Ukraine, autocéphale depuis 2019, et l’Église orthodoxe ukrainienne, issue de l’ancien Exarchat de Moscou. Cette page les expose côte à côte, avec leurs primats, leurs dates, leurs lieux et leurs désaccords, chaque position étant donnée dans ses propres termes. Elle ne tranche pas. Elle écrit « Kiev », graphie française usuelle, et signale une fois la graphie ukrainienne « Kyiv ».
Deux Églises à Kiev : le tableau d’ensemble
Pour s’orienter, voici les deux Églises en regard. Les chiffres de fidèles et de paroisses varient selon les sources et les années ; ils sont discutés plus bas. Pour la place de ces Églises dans l’ensemble de la communion orthodoxe, on lira d’abord la page L’Église orthodoxe.
| Église orthodoxe d’Ukraine (EOU, en anglais OCU) | Église orthodoxe ukrainienne (EOU-PM, en anglais UOC) | |
|---|---|---|
| Primat | Métropolite Épiphane (Serhiï Doumenko), élu le 15 décembre 2018 | Métropolite Onuphre (Berezovsky), élu le 13 août 2014 |
| Origine | Concile d’unification du 15 décembre 2018, qui fusionne le Patriarcat de Kiev et l’Église autocéphale | Exarchat d’Ukraine de l’Église russe, statut d’Église autonome reconnu par Moscou le 28 octobre 1990 |
| Statut affirmé | Autocéphale, par le tomos de Constantinople (5 janvier 2019) | « Pleine indépendance et autonomie », déclarées au concile de Feofania le 27 mai 2022, sans autocéphalie |
| Reconnaissance | Quatre Églises en 2026 (Constantinople, Grèce, Alexandrie, Chypre), selon Wikipédia | Ses évêques figurent encore dans le calendrier de l’Église russe, ce que l’Église ukrainienne récuse |
| Lieux liés | Sainte-Sophie (concile de 2018, intronisation de 2019), monastère Saint-Michel-au-Dôme-d’Or | Laure des Grottes (usage contesté depuis 2023), concile tenu à Feofania (Kiev) |
| Paroisses | 6 185 en 2022, selon les statistiques citées par Wikipédia | 9 792 communautés au 1er janvier 2026, selon le Service d’État ukrainien cité par Wikipédia |
De 988 à 1992 : les repères historiques
Le point de départ commun est la métropole de Kiev. Selon l’article de Wikipédia consacré à cette métropole, Constantinople en est l’Église-mère de 988 à 1596. La suite est l’objet du désaccord central : le sens de l’acte de 1686.
- 1686. Le traité de paix perpétuelle d’avril 1686 entre la Russie et la République des Deux Nations prévoit que la métropole de Kiev relève du patriarche de Moscou. Un document est signé à Constantinople par le patriarche Denys IV. Selon l’Église russe, cette lettre synodale a donné à Moscou le droit d’ordonner le métropolite de Kiev. Selon Constantinople, ce droit était conditionnel et ne touchait pas à son statut d’Église-mère. Le texte exact de l’acte est lui-même discuté.
- 1921. L’Église autocéphale ukrainienne prend sa forme contemporaine ; Vassyl Lypkivsky en est le métropolite de 1921 à 1927, selon Wikipédia.
- 28 octobre 1990. Moscou accorde à l’Exarchat d’Ukraine un statut d’Église autonome. Le texte parle de capacité à se gouverner, pas d’autocéphalie.
- 5-6 juin 1990 et 18 novembre 1990. À Kiev, un concile de l’Église autocéphale ukrainienne, rétablie, élit le métropolite Mstyslav patriarche ; il est intronisé le 18 novembre 1990 à Sainte-Sophie. L’Église russe déclare cette Église non canonique.
- 1992. Le métropolite Filaret (Denyssenko), exarque, réunit des assemblées qui demandent l’autocéphalie à Moscou. Un concile de l’Église russe refuse, puis décide en avril de le remplacer par Volodymyr (Sabodan). En juin, Filaret fonde avec l’Église autocéphale le Patriarcat de Kiev, sous Mstyslav.
Le Patriarcat de Kiev (Église orthodoxe ukrainienne - Patriarcat de Kiev, EOU-PK) n’est reconnu à ce moment par aucune Église orthodoxe, et Moscou le tient pour schismatique, selon Wikipédia. L’union de 1992 ne dure pas : après la mort de Mstyslav en 1993, les deux composantes se séparent. Volodymyr Romaniuk, élu patriarche le 22 octobre 1993, meurt le 14 juillet 1995 ; Filaret lui succède et est intronisé le 22 octobre 1995.
Du Patriarcat de Kiev à 2018 : l’anathème et le retour
En 1997, l’Église russe prononce l’anathème contre Filaret ; selon l’article qui lui est consacré, Constantinople a reconnu cet acte dans une lettre d’avril 1997, tandis que le synode du Patriarcat de Kiev ne l’a pas reconnu. Pendant plus de vingt ans, l’Église d’Ukraine reste donc partagée entre l’Église de Moscou (EOU-PM), le Patriarcat de Kiev et l’Église autocéphale, sans communion entre elles.
Le 11 octobre 2018, le Saint-Synode de Constantinople, réuni du 9 au 11, annonce notamment la révocation de la lettre synodale de 1686 et rétablit Filaret dans sa communion en tant qu’évêque, sans le reconnaître comme patriarche. Le 15 octobre, le Saint-Synode de l’Église russe, réuni à Minsk, rompt la communion eucharistique avec Constantinople. Moscou conteste cette décision ; Constantinople tient, elle, l’acte de 1686 pour conditionnel.
Le concile d’unification et le tomos (2018-2019)
Le 15 décembre 2018, le concile d’unification se réunit à la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev. Il fusionne le Patriarcat de Kiev et l’Église autocéphale, avec la participation de deux métropolites de l’EOU-PM. Il est présidé par le métropolite Emmanuel (Adamakis), représentant de Constantinople, et élit Épiphane au second tour. Épiphane est intronisé le 3 février 2019 à Sainte-Sophie.
Le tomos d’autocéphalie est signé à Istanbul le 5 janvier 2019 par le patriarche Bartholomée, qui en fait lecture et le remet à Épiphane le 6 janvier, selon l’article de Wikipédia ; le document est signé par tous les membres du Saint-Synode le 9 janvier et revient en Ukraine le 10.

Les reconnaissances s’ensuivent : Constantinople (5 janvier 2019), l’Église de Grèce (19 octobre 2019), le patriarcat d’Alexandrie (8 novembre 2019), l’Église de Chypre (24 octobre 2020). Selon la liste de l’article consulté, ne la reconnaissent pas l’Église russe, Antioche, la Géorgie, la Serbie, la Roumanie, la Pologne et l’Église orthodoxe en Amérique. Les autres Églises autocéphales (Bulgarie, Albanie, Jérusalem, Tchéquie et Slovaquie) ne figurent dans aucune des deux listes de cet article ; leur position n’a pas pu être vérifiée ici. Le nombre d’Églises qui la reconnaissent dépend donc de la source et de la date.
Moscou, de son côté, tient l’Église orthodoxe d’Ukraine pour schismatique, selon Wikipédia. L’Église orthodoxe d’Ukraine tient son statut pour régulier, puisque conféré par l’Église-mère de Kiev.
L’Église orthodoxe d’Ukraine aujourd’hui
L’Église orthodoxe d’Ukraine est dirigée par le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, Épiphane (Serhiï Doumenko), né le 3 février 1979 à Vovkove, près d’Odessa, tonsuré moine le 21 décembre 2007. Son titre de « métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine » est lui aussi discuté : l’article de Wikipédia le qualifie de contesté. Son siège est le monastère Saint-Michel-au-Dôme-d’Or, qui est sa résidence ; une note de cet article précise que le siège formel est la cathédrale Sainte-Sophie.
À sa création, l’Église annonce environ 7 000 paroisses (propos d’Épiphane, 2019) ; les statistiques de 2022 en comptent 6 185, pour 62 évêques (décembre 2019) et 71 monastères et couvents. La question des chiffres est examinée plus bas. Après 2022, l’Église orthodoxe d’Ukraine accueille des communautés qui quittent l’Église de Moscou : le Service d’État pour l’ethnopolitique et la liberté de conscience en compte 1 378 depuis février 2022, selon Wikipédia, au 8 janvier 2026.
La rupture avec Filaret est la dissension interne la plus visible. Le 5 février 2019, le Saint-Synode l’a nommé évêque diocésain de Kiev, hors le monastère Saint-Michel ; le 20 juin 2019, après un différend avec Épiphane sur la gouvernance, le statut, le nom de l’Église et la gestion de la diaspora, Filaret a déclaré que le Patriarcat de Kiev continuait d’exister avec lui à sa tête. Cela met fin à son appartenance à l’Église orthodoxe d’Ukraine. L’Église orthodoxe d’Ukraine le qualifiait de « patriarche honoraire » ; il n’acceptait pas ce titre. Il est mort à Kiev le 20 mars 2026, à 97 ans.

L’Église orthodoxe ukrainienne : de Moscou à Feofania
L’Église orthodoxe ukrainienne est dirigée depuis 2014 par le métropolite Onuphre (Berezovsky), né le 5 novembre 1944 à Korytne (oblast de Tchernivtsi). Il est élu le 13 août 2014 pour succéder à Volodymyr (Sabodan) et prend ses fonctions le 17 août 2014, jour de son intronisation à la laure des Grottes. Dès le 24 février 2022, selon Wikipédia, il qualifie l’invasion russe de « répétition du péché de Caïn ».
Le 27 mai 2022, un concile de l’Église se réunit à Feofania (Kiev). Ses résolutions, publiées le 28 mai par l’Église, comportent notamment ces points :
- il « condamne la guerre comme une violation du commandement : Tu ne tueras pas » ;
- il déclare : « Nous ne partageons pas la position de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie sur la guerre en Ukraine » ;
- il adopte des amendements aux statuts qui, selon le texte, « témoignent de la pleine indépendance et autonomie de l’Église orthodoxe ukrainienne » ; le texte ne nomme pas le Patriarcat de Moscou ;
- il qualifie le schisme de « plaie profonde et douloureuse », et pose des conditions au dialogue avec l’autre Église, dont l’arrêt de ce qu’il appelle la « saisie illégale des églises ».
Les résolutions ne mentionnent pas la commémoration du patriarche Cyrille dans les offices. Elles ne proclament pas non plus l’autocéphalie ; l’Église parle d’indépendance et d’autonomie, et c’est cette formule qui sert de référence. Pour le vocabulaire (autocéphalie, autonomie, communion eucharistique), on se reportera à la page Schisme de 1054 et patriarcats.
La lecture de ce texte diverge. L’Église ukrainienne y voit sa pleine indépendance canonique, selon un communiqué de son département juridique cité par un média ecclésial. Le porte-parole de l’Église russe, Vladimir Legoïda, a qualifié les appréciations officielles de Moscou de « plutôt mesurées » et annoncé des « appréciations plus précises » et des mesures « après la fin de la phase active des combats », selon l’Union des journalistes orthodoxes. Selon Wikipédia, les dirigeants de l’Église ukrainienne figuraient encore au calendrier de l’Église russe en 2025 ; en décembre 2023, celui de 2024 listait ses évêques comme évêques de l’Église russe, ce que l’Église ukrainienne a rejeté. Le 28 mars 2024, elle a pris ses distances avec le Conseil populaire mondial russe et rejeté l’idéologie du « monde russe ».
La loi n° 3894-IX et ses suites
Le 20 août 2024, la Rada (Parlement ukrainien) adopte la loi « sur la protection de l’ordre constitutionnel dans le domaine des activités des organisations religieuses ». Le président Volodymyr Zelensky la signe le 24 août, jour de l’indépendance. Elle prévoit de pouvoir interdire en justice les organisations religieuses affiliées à l’Église orthodoxe russe si elles ne rompent pas leurs liens neuf mois après une décision du Service d’État pour l’ethnopolitique et la liberté de conscience. Les sources ne s’accordent pas sur la date d’entrée en vigueur : le lendemain de la publication selon Wikipédia, le 23 septembre 2024 selon d’autres médias.
Les positions se répartissent ainsi :
- les autorités ukrainiennes, selon la presse, disent que la loi n’interdit pas une Église mais vise la rupture des liens avec Moscou ;
- l’Église orthodoxe ukrainienne fait valoir que le texte ne la nomme pas et cite des difficultés juridiques ;
- le département juridique du patriarcat de Moscou affirme que la loi contredit grossièrement le droit international.
D’autres actes visent des personnes. Le 2 juillet 2025, un décret du président Zelensky retire la nationalité ukrainienne au métropolite Onuphre : le Service de sécurité (SBU) affirme qu’il a « volontairement reçu la nationalité russe en 2002 ». Une enquête de la presse ukrainienne d’avril 2023, citée par Wikipédia, avait rapporté deux passeports russes (1998 et 2002) ; il n’a pas démenti avoir eu la nationalité russe et l’a rattachée à son souhait de finir ses jours à la laure de la Trinité-Saint-Serge. Autre fait daté : le 25 juin 2024, un clerc de l’Église ukrainienne, le métropolite Ionafan, condamné à cinq ans de prison pour justification de l’agression, est remis à la Russie lors d’un échange de prisonniers ; le patriarche Cyrille le reçoit le 26 juin. Dès 2018, le SBU avait perquisitionné des églises et des clercs de l’Église ukrainienne, et condamné par défaut le 13 décembre 2018 le prêtre Volodymyr Maretsky à six ans de prison.

Les primats : un tableau
Le tableau réunit les primats de l’Église autocéphale, du Patriarcat de Kiev, de l’Exarchat devenu Église ukrainienne, et de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « n. c. » signifie non communiqué par la source consultée.
| Nom | Église | Naissance - mort | À la tête | Fait marquant sourcé |
|---|---|---|---|---|
| Mstyslav (Skrypnyk) | Église autocéphale, puis Patriarcat de Kiev | n. c. - 1993 | de 1990 à 1993 | Intronisé le 18 novembre 1990 à Sainte-Sophie ; n’a jamais approuvé l’union de 1992 |
| Volodymyr (Sabodan) | EOU-PM | 23 novembre 1935 - 5 juillet 2014 | de 1992 à 2014 | Choisi en 1992 après que l’Église russe a décidé de remplacer Filaret |
| Volodymyr (Romaniuk) | Patriarcat de Kiev | 1923 ou 1925 - 14 juillet 1995 | du 22 octobre 1993 au 14 juillet 1995 | Ses obsèques, le 18 juillet 1995, ont été marquées par des violences |
| Filaret (Denyssenko) | Patriarcat de Kiev | 23 janvier 1929 - 20 mars 2026 | de 1995 à décembre 2018 | Anathème de l’Église russe en 1997 ; se déclare à nouveau chef du Patriarcat de Kiev le 20 juin 2019 |
| Épiphane (Doumenko) | EOU | 3 février 1979 | depuis le 15 décembre 2018 | Reçoit le tomos de Constantinople ; intronisé le 3 février 2019 |
| Onuphre (Berezovsky) | EOU-PM | 5 novembre 1944 | depuis le 13 août 2014 | Préside le concile de Feofania du 27 mai 2022 ; décret du 2 juillet 2025 |
Les grands lieux de Kiev
Trois lieux structurent la géographie de ces deux Églises. Chacun est un monument, avant d’être un enjeu. Le nom de Sainte-Sophie, « Sagesse de Dieu », renvoie à la grande église de Constantinople que présente la page Sainte-Sophie d’Istanbul.
La cathédrale Sainte-Sophie est datée de 1011 par l’UNESCO et le gouvernement ukrainien, de 1037 par la Chronique des temps passés ; Wikipédia mentionne les deux. Elle est inscrite avec les bâtiments monastiques voisins sur la liste du patrimoine mondial en 1990. C’est un musée, composante de la réserve nationale « Sainte-Sophie de Kiev » ; l’article indique que des Églises orthodoxes y ont parfois été autorisées à célébrer, parfois non. C’est là que le concile de décembre 2018 s’est réuni et qu’Épiphane a été intronisé. Ses coupoles groupées sont le type de toiture que décrit l’article Bulbe ou coupole byzantine : lire les toits.
La laure des Grottes (Petchersk), fondée selon la Chronique des temps passés en 1051 ou en 1074, est inscrite à l’UNESCO en 1990. Depuis 2023, son usage est un point de désaccord. Selon Wikipédia, le gouvernement ukrainien met fin en janvier 2023 au bail de la cathédrale de la Dormition et de l’église du réfectoire, et autorise l’Église orthodoxe d’Ukraine à y tenir un office de Noël le 7 janvier, dirigé par Épiphane. Le 10 mars 2023, la réserve nationale annonce que l’accord de 2013 prend fin, en invoquant des modifications du site historique et d’autres manquements, et demande à l’Église ukrainienne de partir avant le 29 mars. Celle-ci répond qu’il n’y a pas de base juridique et parle d’un « caprice de fonctionnaires du ministère de la Culture ». Le 17 mars 2023, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, déclare que cette décision « confirme le bien-fondé » de l’invasion de février 2022. Après le 29 mars, l’Église ukrainienne n’a pas entièrement quitté les lieux, selon la même source.
Le monastère Saint-Michel-au-Dôme-d’Or, probablement bâti entre 1108 et 1113, est fermé en 1922, ses dômes démontés en 1935 et sa cathédrale dynamitée le 14 août 1937. Reconstruite de 1997 à 1999, elle rouvre le 30 mai 1999. Depuis la fondation de l’Église orthodoxe d’Ukraine, il en est le siège et la résidence du métropolite.
Les chiffres : des décomptes difficiles à comparer
Les nombres de paroisses ne sont pas des mesures neutres. En avril 2018, l’Église de Moscou comptait environ 12 300 paroisses et le Patriarcat de Kiev 5 100 ; en mai 2019, selon le Conseil européen pour les relations internationales, Moscou revendiquait 11 000 églises et l’Église orthodoxe d’Ukraine 7 000. En mai 2024, Opendatabot compte 8 097 paroisses de l’Église ukrainienne, contre 8 505 en avril 2023, et plus de 400 paroisses avaient quitté Moscou avant le concile de 2022. Au 1er janvier 2026, le Service d’État compte 9 792 communautés de l’Église ukrainienne et 10 118 organisations qui lui sont subordonnées. Ces chiffres ne mesurent ni les fidèles ni la pratique, et la définition de « paroisse » varie d’une source à l’autre.
Sources et limites
Ce qui est établi. Les dates du concile du 15 décembre 2018, du tomos du 5 janvier 2019, du concile de Feofania du 27 mai 2022, de la loi des 20 et 24 août 2024 et du décret du 2 juillet 2025 sont concordantes dans les sources consultées ; les textes cités du concile de 2022 sont ceux publiés par l’Église elle-même.
Ce qui est contesté. Le sens de l’acte de 1686 ; le statut canonique de l’Église orthodoxe d’Ukraine ; la portée du concile de 2022 ; l’objet et la finalité de la loi de 2024 ; les circonstances du départ de la laure ; la date d’entrée en vigueur de la loi. Dans chaque cas, la page donne les positions dans leurs propres termes et ne choisit pas.
Ce qui n’a pas pu être vérifié. La position actuelle des Églises autocéphales non mentionnées plus haut ; l’état des procédures judiciaires engagées en vertu de la loi depuis 2025 ; les dates exactes de naissance de Volodymyr Romaniuk et de Mstyslav ; la position de Constantinople sur le calendrier russe des évêques ukrainiens. Les faits proviennent pour l’essentiel d’articles de Wikipédia en anglais, de communiqués des deux Églises et de la presse ; ils ont été lus le 2 novembre 2026 et peuvent avoir changé depuis. Cette page ne donne ni horaires d’offices ni adresses de paroisses.
Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il deux Églises orthodoxes principales à Kiev ?
Parce que l’orthodoxie ukrainienne s’est divisée à partir de 1992, puis de nouveau en 2018-2019 autour de la question de l’autocéphalie. L’Église orthodoxe d’Ukraine date du concile du 15 décembre 2018 ; l’Église orthodoxe ukrainienne est la continuation de l’ancien Exarchat de Moscou en Ukraine. Chacune se présente comme l’Église légitime d’Ukraine.
Que signifie « autocéphalie » dans le cas ukrainien ?
C’est le droit pour une Église de se gouverner et d’élire son primat sans dépendre d’une autre. Constantinople a accordé ce statut à l’Église orthodoxe d’Ukraine par un tomos en janvier 2019. Moscou ne le reconnaît pas et tient cet acte pour contraire aux canons ; Constantinople fait valoir qu’elle était l’Église-mère de Kiev.
L’Église orthodoxe ukrainienne a-t-elle rompu avec Moscou ?
Elle a déclaré le 27 mai 2022, au concile de Feofania, sa « pleine indépendance et autonomie » et désapprouvé la position du patriarche Cyrille sur la guerre. Elle n’a pas proclamé l’autocéphalie. Les interprétations de ce texte divergent : Kiev y lit une séparation, Moscou a parlé d’appréciations « mesurées » sans en tirer immédiatement de conséquences.
Que prévoit la loi ukrainienne n° 3894-IX ?
Adoptée par la Rada le 20 août 2024 et signée le 24 août, elle permet d’interdire en justice les organisations religieuses affiliées à l’Église orthodoxe russe, si elles ne rompent pas leurs liens neuf mois après une décision de l’administration compétente. Ses partisans parlent d’une séparation d’avec Moscou ; l’Église orthodoxe ukrainienne et le patriarcat de Moscou y voient une pression pour la liquider.
Qui reconnaît l’Église orthodoxe d’Ukraine ?
Selon l’article de Wikipédia consulté, quatre Églises la reconnaissent en 2026 : Constantinople (5 janvier 2019), la Grèce (19 octobre 2019), Alexandrie (8 novembre 2019) et Chypre (24 octobre 2020). Moscou, Antioche, la Géorgie, la Serbie, la Roumanie, la Pologne et l’Église orthodoxe en Amérique ne la reconnaissent pas. La position des autres Églises n’a pas été vérifiée.
Faut-il écrire Kiev ou Kyiv ?
En français, la graphie usuelle est « Kiev », translittération du russe. « Kyiv » est la translittération de l’ukrainien, adoptée par les autorités ukrainiennes et de plus en plus par les organisations internationales. Cette page écrit « Kiev » par commodité pour le lecteur francophone, sans que ce choix exprime une position.
Peut-on visiter Sainte-Sophie et la laure des Grottes ?
Ce sont des sites inscrits à l’UNESCO depuis 1990, administrés comme réserves nationales. Les conditions d’accès et les offices y ont changé depuis 2023 pour la laure ; il faut se renseigner auprès de l’administration du site avant le déplacement, car cette page ne donne ni horaires ni consignes d’accès.
Sources
- Wikipedia, « Orthodox Church of Ukraine » (concile de 2018, tomos, reconnaissances, paroisses, rupture avec Filaret) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Ukrainian Orthodox Church (Moscow Patriarchate) » (statut de 1990, concile de 2022, loi de 2024, statistiques) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Onufriy (Berezovsky) » (naissance, élection de 2014, décret du 2 juillet 2025) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Filaret Denysenko » (carrière, anathème de 1997, rupture de 2019, décès) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Epiphanius I of Ukraine » (naissance, élection, intronisation) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Ukrainian Orthodox Church (Kyiv Patriarchate) » (chronologie de 1991 à 2019) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Ukrainian Autocephalous Orthodox Church » (1921, concile de 1990, Mstyslav) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Metropolis of Kiev (Patriarchate of Moscow) » (1686 et lectures divergentes, décision du 11 octobre 2018) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Kyiv Pechersk Lavra » (UNESCO 1990, baux et événements de 2023) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Saint Sophia Cathedral, Kyiv » (fondation, UNESCO 1990, statut de musée) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « St. Michael’s Golden-Domed Monastery » (destruction, reconstruction, rôle actuel) (consulté le 2 novembre 2026)
- Résolutions du concile de l’Église orthodoxe ukrainienne du 27 mai 2022 (news.church.ua) (consulté le 2 novembre 2026)
- Union of Orthodox Journalists (spzh.eu), propos de Vladimir Legoïda sur le concile de 2022 (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Volodymyr Sabodan » (dates, primatie de 1992 à 2014) (consulté le 2 novembre 2026)
- Wikipedia, « Volodymyr Romaniuk » (élection de 1993, décès du 14 juillet 1995) (consulté le 2 novembre 2026)