L’Église orthodoxe russe, ou patriarcat de Moscou, est la plus nombreuse des Églises orthodoxes autocéphales et celle dont l’histoire se mêle le plus à celle d’un État. Cette page la présente comme un atlas : une chronologie datée, ses primats depuis 1917, ses lieux majeurs, ses chiffres officiels, puis ses rapports avec le pouvoir et avec les autres Églises. Elle expose, elle ne tranche pas. Le cadre général de l’orthodoxie est dans L’Église orthodoxe.

Des origines kiéviennes au patriarcat (988-1721)

La tradition fait remonter l’Église de Russie au baptême du prince Vladimir de Kiev, en 988. La métropole de Kiev relève alors de Constantinople. Le siège du métropolite est fixé à Moscou en 1325, sous le métropolite Pierre. Le 15 décembre 1448, Jonas est élu métropolite de Moscou sans l’accord de Constantinople : c’est ce qu’on appelle l’autocéphalie de fait, que l’Église russe regarde depuis comme le début de son indépendance.

En 1589, le siège de Moscou est élevé au rang de patriarcat, avec le consentement de Constantinople. Pierre le Grand supprime cette fonction en 1721 et la remplace par le Très Saint-Synode, organe collégial dont les membres sont nommés par le pouvoir. Pendant près de deux siècles, l’Église est ainsi administrée comme une institution de l’État impérial.

  • 988 : baptême du prince Vladimir de Kiev.
  • 1325 : le métropolite fixe son siège à Moscou.
  • 1448 : élection de Jonas sans l’accord de Constantinople.
  • 1589 : création du patriarcat de Moscou.
  • 1721 : suppression du patriarcat et création du Saint-Synode.

De 1917 au millénaire de 1988 : rétablissement, persécutions, concessions

Le Concile local s’ouvre le 15 août 1917 et se poursuit jusqu’en septembre 1918. Il rétablit le patriarcat, et Tikhon est élu en novembre 1917 (le 5 selon le calendrier julien). À sa mort, le 7 avril 1925, les autorités soviétiques s’opposent à l’élection d’un successeur. Les décennies suivantes sont celles de la persécution : fermeture de la plupart des églises et des monastères, arrestations et exécutions de clercs. La cathédrale du Christ-Sauveur est dynamitée le 5 décembre 1931, et le monastère Danilov, fermé en 1930, devient un lieu d’accueil pour enfants.

La Seconde Guerre mondiale change la politique soviétique envers l’Église. Dans la nuit du 4 au 5 septembre 1943 (les sources divergent sur le jour exact), Staline reçoit au Kremlin trois métropolites : Serge, Alexis (Simanski) et Nicolas (Iarouchevitch). Quatre jours plus tard, le 8 septembre, un concile d’évêques élit Serge patriarche. Le patriarcat est rétabli sous le contrôle de l’État, ce qui explique que cette période soit jugée de façons très différentes selon les historiens : reconnaissance d’une Église enfin tolérée pour les uns, instrumentalisation d’une institution contrainte pour les autres.

Portrait du patriarche Tikhon de Moscou, barbe blanche, coiffé du klobouk blanc, tenant un bâton pastoral, sur un cliché ancien en noir et blanc
Le patriarche Tikhon, premier patriarche après le rétablissement de 1917, sur un cliché de l'agence Bain (date incertaine). Photo : Bain News Service, domaine public, Wikimedia Commons.

L’année 1988 marque une nouvelle étape : le millénaire du baptême de la Rus’ est célébré dans une atmosphère d’ouverture progressive. Le monastère Danilov est alors restauré, et une chapelle y est construite en mémoire du millénaire. Après 1991, l’Église retrouve la liberté de se reconstruire, de rouvrir ses séminaires et de relever ses sanctuaires.

Les primats depuis 1917

Le tableau suivant donne, pour chaque primat, ses dates et la mention marquante la plus solidement établie. Les dates de fonction suivent la liste des métropolites et patriarches de Moscou.

Primat Naissance et mort À la tête de l’Église Fait marquant
Tikhon 1865-1925 1917-1925 Premier patriarche élu après le rétablissement de la fonction ; à sa mort, les autorités soviétiques s’opposent à l’élection d’un successeur
Pierre de Kroutitsy 1862-1937 locum tenens à partir du 12 avril 1925 Désigné pour assurer l’intérim ; arrêté peu après, les dates de sa captivité variant selon les sources
Serge (Stragorodski) 1867-1944 1943-1944 Reçu par Staline avec deux autres métropolites en septembre 1943, élu patriarche le 8 septembre
Alexis Ier (Simanski) 1877-1970 1945-1970 Présent à la rencontre avec Staline de 1943, élu par le Concile local de 1945
Pimène (Izvekov) 1910-1990 1971-1990 Patriarche à l’époque du millénaire de 1988
Alexis II (Ridiger) 1929-2008 1990-2008 Signe l’acte de communion canonique avec l’Église hors frontières, à Moscou, le 17 mai 2007
Cyrille (Gundiaïev) né en 1946 depuis 2009 Élu le 27 janvier 2009 par le Concile local, intronisé le 1er février 2009

Les sièges et les lieux majeurs

Quelques lieux concentrent l’histoire récente de l’Église russe.

  • La cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou. Consacrée le 26 mai 1883, dynamitée le 5 décembre 1931, reconstruite à partir de 1994 et consacrée à nouveau le 19 août 2000. Elle mesure environ 103 mètres de haut. C’est là que l’acte de communion avec l’Église hors frontières a été signé, le 17 mai 2007, et que Cyrille a été intronisé en 2009.
  • Le monastère Danilov, à Moscou. Fondé, selon la tradition, à la fin du XIIIe siècle par Daniel, fils d’Alexandre Nevski, fermé en 1930, rendu à l’Église en 1983 et restauré en 1988. Il abrite le siège du patriarcat et la résidence construite pour le patriarche et le Saint-Synode.
  • La laure de la Trinité-Saint-Serge, à Sergiev Posad. Fondée par Serge de Radonège en 1337 (1345 selon une autre datation), à environ 70 kilomètres au nord-est de Moscou, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1993. Elle fut le siège du patriarcat jusqu’en 1983 et reste un grand centre de formation religieuse.

Pour situer ces sanctuaires parmi d’autres hauts lieux de l’orthodoxie, la fiche de la cathédrale Alexandre-Nevski de Tallinn, bâtie à l’époque de l’Empire russe, offre un point de comparaison.

Organisation et chiffres officiels

L’Église est gouvernée à trois niveaux. Le Concile local, qui réunit évêques, clercs, moines et laïcs, élit le patriarche : celui de 1917-1918 a rétabli la fonction, celui de 2009 a élu Cyrille. Le Conseil des évêques se réunit entre deux conciles locaux ; c’est devant lui que le patriarche présente l’état de l’Église. Le Saint-Synode, présidé par le patriarche, prend les décisions courantes : c’est lui qui a rompu la communion avec Constantinople en 2018 et créé un exarchat en Afrique en 2021.

Les chiffres officiels les plus complets sont ceux du rapport de Cyrille au Conseil des évêques du 29 novembre 2017. Ils sont comparés ci-dessous aux chiffres de 2019 que Wikipédia attribue à patriarchia.ru, le site officiel du patriarcat. Les deux séries ne mesurent pas exactement la même chose : l’une compte les églises et lieux de célébration, l’autre les paroisses.

Indicateur 2017 (rapport au Conseil des évêques) 2019 (patriarchia.ru, d’après Wikipédia)
Diocèses 303 314
Évêques non précisé 382
Clergé en poste 39 414 (34 774 prêtres, 4 640 diacres) 40 514 (35 677 prêtres, 4 837 diacres)
Églises ou paroisses 36 878 lieux de célébration 38 649 paroisses
Monastères 462 masculins et 482 féminins 972 (474 masculins, 498 féminins)
Hors de l’ex-URSS plus de 900 paroisses et monastères non précisé

Le nombre de fidèles est le point le plus fragile. Le Pew Research Center comptait plus de 100 millions d’orthodoxes en Russie dans son rapport de novembre 2017, la plus grande population orthodoxe du monde ; ce chiffre de déclaration n’indique ni la pratique ni l’appartenance effective. Pour la même raison, la page Combien d’orthodoxes en France distingue les définitions avant de donner des chiffres.

Pour qui cherche une église en France, les paroisses de Paris, toutes juridictions confondues, sont répertoriées dans Églises orthodoxes à Paris ; aucun horaire d’office n’est publié ici, il faut passer par le contact de chaque paroisse.

L’Église et le pouvoir : le patriarche Cyrille et Vladimir Poutine

Cette section est la plus sensible de la page. Elle se limite à des faits datés, attribués à leur source, et présente chaque camp dans ses propres termes.

Le patriarche Cyrille de Moscou, coiffé du klobouk blanc et portant une chaîne de décorations, prend la parole devant deux micros
Le patriarche Cyrille de Moscou lors de la cérémonie du Kremlin du 20 novembre 2021. Photo : Alexei Nikolsky, Presidential Press and Information Office (kremlin.ru), CC BY 4.0, Wikimedia Commons.

Des rencontres publiques régulières

Cyrille et Vladimir Poutine se rencontrent régulièrement en public. Le 20 novembre 2021, selon le site de la présidence russe, le chef de l’État remet au patriarche l’ordre de Saint-André l’Apôtre Premier-Appelé. En février 2012, avant l’élection présidentielle, le patriarche avait qualifié de « miracle de Dieu » les douze années de pouvoir de Vladimir Poutine, propos rapportés par la presse de l’époque. Ces rencontres sont interprétées de façons opposées, comme une coopération normale entre l’Église et l’État ou comme un alignement de l’Église sur le pouvoir. Le site ne choisit pas entre ces lectures.

Le « Monde russe »

La notion de « Monde russe » (Russkiy mir) est au cœur de nombreux débats. Selon la déclaration de théologiens orthodoxes du 13 mars 2022, elle désigne une civilisation transnationale, la « Sainte Russie », qui comprendrait la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie autour de Moscou, et ses auteurs en contestent la valeur doctrinale. Le décret du XXVe Concile populaire russe mondial, présidé par Cyrille et adopté le 27 mars 2024 sous le titre « Le présent et l’avenir du monde russe », décrit pour sa part l’« opération militaire spéciale » comme une « guerre sainte » en défense de l’espace spirituel unique de la Sainte Russie. Le Conseil œcuménique des Églises a demandé en avril 2024 des précisions sur le statut de ce texte.

Les déclarations depuis février 2022

Le 24 février 2022, selon l’agence Interfax, Cyrille appelle toutes les parties à faire tout leur possible pour éviter des pertes civiles et demande des prières pour le rétablissement rapide de la paix. Le 6 mars 2022, dimanche du pardon, il déclare dans son sermon, d’après la traduction publiée par The Moscow Times : « Depuis huit ans, on tente de détruire ce qui existe dans le Donbass », et il ajoute, dans un sermon qui consacre une large part aux parades de fierté, qu’il y a au Donbass « un rejet fondamental des soi-disant valeurs » de l’Occident. Le 25 septembre 2022, quatre jours après l’annonce de la mobilisation partielle, il affirme, selon la traduction de RFE/RL, que « le sacrifice accompli dans l’exercice de votre devoir militaire efface tous les péchés ». Ses détracteurs y voient une justification religieuse de la guerre ; le patriarcat, lui, explique que l’Église prie pour la fin de la « guerre fratricide » et assimile à un sacrifice la mort de celui qui reste fidèle à son serment.

La remarque du pape François et la réaction de Moscou

Dans un entretien au Corriere della Sera publié le 3 mai 2022, le pape François rapporte un entretien vidéo de quarante minutes avec Cyrille à la mi-mars, dont les vingt premières minutes auraient été consacrées à la lecture des raisons de la guerre. Il ajoute que le patriarche « ne peut pas devenir l’enfant de chœur de Poutine ». Le 4 mai 2022, le patriarcat de Moscou répond que le pape a choisi un « ton incorrect » (selon la traduction anglaise de Cyprus Mail) pour rendre compte de l’échange, sans reprendre l’expression « enfant de chœur ». Les relations avec Rome, plus largement, sont abordées dans Orthodoxes et catholiques : les différences.

Les sanctions

Le Royaume-Uni inscrit Cyrille sur sa liste de sanctions le 16 juin 2022, gel des avoirs et interdiction de territoire à l’appui, en citant son soutien à l’agression russe. Le patriarcat répond que les tentatives d’intimider son primat ou de lui faire renoncer à ses convictions sont « insensées, absurdes et sans avenir ». Le Canada le sanctionne en juillet 2022, au titre des « agents de la désinformation et de la propagande russes ». La Lituanie lui interdit l’entrée sur son territoire, selon une information du 30 juillet 2022 : son ministère des Affaires étrangères le qualifie de « proche allié de Vladimir Poutine ». Selon l’agence RISU, l’Ukraine met ses sanctions en vigueur par un décret du 20 octobre 2022, pour cinq ans. Au sein de l’Union européenne, Cyrille figurait parmi les noms envisagés pour le sixième paquet de sanctions, mais le 2 juin 2022 les ambassadeurs ont accepté de le retirer, Budapest ayant fait de ce retrait une condition de son accord, selon RFE/RL.

Les allégations sur un passé au KGB

Début février 2023, des journaux suisses (Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung) affirment, à partir d’archives déclassifiées, que Cyrille a travaillé pour le KGB à Genève dans les années 1970 sous le nom de code « Mikhaïlov ». L’ambassade de Russie en Suisse dénonce une « russophobie », le patriarcat ne commente pas, et un neveu du patriarche, Mikhaïl Gundiaïev, déclare selon la presse qu’il n’était pas un agent bien qu’il ait été soumis à un « contrôle strict » du KGB. Ces éléments restent des allégations rapportées par la presse : ils ne sont pas établis par un document public accessible au lecteur.

Repères chronologiques de 2009 à 2024

  • 27 janvier 2009 : Cyrille est élu patriarche par le Concile local.
  • 15 octobre 2018 : rupture de la communion eucharistique avec Constantinople.
  • 29 décembre 2021 : création de l’exarchat patriarcal d’Afrique.
  • 24 février et 6 mars 2022 : appel à éviter les pertes civiles, puis sermon du dimanche du pardon.
  • 3 et 4 mai 2022 : entretien du pape François, puis réponse du patriarcat.
  • 2 juin 2022 : retrait de Cyrille du sixième paquet de sanctions de l’Union européenne.
  • 16 juin 2022 : sanctions du Royaume-Uni.
  • 25 septembre 2022 : sermon sur le sacrifice du soldat.
  • 27 mars 2024 : décret du Concile populaire russe mondial.

Les rapports avec les autres Églises

Le Saint-Synode russe a décidé le 15 octobre 2018 de rompre la communion eucharistique avec le patriarcat œcuménique de Constantinople, après le lancement de la procédure d’autocéphalie pour l’Ukraine. Cette rupture et ses suites sont exposées dans la page Schisme de 1054 et patriarcats. Le 29 décembre 2021, le Saint-Synode crée un exarchat patriarcal d’Afrique, qui doit accueillir 102 clercs du patriarcat d’Alexandrie ayant demandé leur transfert ; le motif invoqué est leur désaccord avec la reconnaissance de l’Église orthodoxe d’Ukraine par le patriarche Théodore II d’Alexandrie, qui a, lui, condamné cette décision. À l’inverse, l’acte de communion canonique du 17 mai 2007 avait mis fin à la séparation avec l’Église orthodoxe russe hors frontières, qui conserve son autonomie.

En France : une présence parmi d’autres

En France, l’orthodoxie russe est plurielle et ne se réduit pas au patriarcat de Moscou. Le diocèse de Chersonèse, qui regroupe les paroisses du patriarcat de Moscou pour la France, la Suisse, l’Espagne et le Portugal, a son siège à la cathédrale de la Sainte-Trinité, quai Branly à Paris, consacrée en décembre 2016 selon le patriarcat. Pour l’histoire des vagues d’émigration russe vers la France, on peut lire l’histoire de la diaspora orthodoxe russe en France racontée depuis Tours.

D’autres communautés d’origine russe relèvent d’autres juridictions et se retrouvent autour de l’Institut de théologie orthodoxe de Paris, présenté dans la fiche Institut Saint-Serge.

Le président Vladimir Poutine remet un bouquet de roses blanches au patriarche Cyrille de Moscou, au Kremlin
Vladimir Poutine et le patriarche Cyrille au Kremlin, 20 novembre 2021. Photo : Presidential Press and Information Office (kremlin.ru), CC BY 4.0, Wikimedia Commons.

Sources et limites

Ce qui est établi. Les grandes dates de 988, 1448, 1589, 1721, 1917-1918, 1943 et 2007, les noms et les dates de fonction des primats, la reconstruction de la cathédrale du Christ-Sauveur, les chiffres du rapport de 2017, les décisions du Saint-Synode de 2018 et 2021, et le fait des sanctions britanniques et canadiennes sont documentés dans les sources citées en tête de page.

Ce qui est contesté. Le jour exact de la rencontre avec Staline (4 ou 5 septembre 1943), la portée politique du patriarcat sous le régime soviétique, la signification de la notion de « Monde russe », l’interprétation des sermons de Cyrille, le caractère d’« enfant de chœur » prêté au patriarche par le pape François, et l’exactitude des allégations sur un passé au KGB divisent les observateurs. Le patriarcat de Moscou conteste ou nuance une partie de ces lectures, comme indiqué plus haut.

Ce qui n’a pas pu être vérifié. Les textes originaux russes des sermons de 2022 sont cités d’après des traductions de presse. Le nombre de fidèles ne fait l’objet d’aucune mesure fiable. Les décrets ukrainien et tchèque de sanctions n’ont pas été consultés directement. Les chiffres de 2019 sont repris d’une page encyclopédique qui renvoie à patriarchia.ru, sans accès direct au rapport d’origine.

Questions fréquentes

Depuis quand l’Église orthodoxe russe a-t-elle un patriarche ?

Le siège de Moscou est élevé au rang de patriarcat en 1589. Pierre le Grand supprime la fonction en 1721 au profit du Saint-Synode, et le Concile local de 1917-1918 la rétablit. Tikhon en est le premier titulaire de l’époque contemporaine.

Qui dirige l’Église orthodoxe russe aujourd’hui ?

Le patriarche Cyrille (Kirill), élu par le Concile local le 27 janvier 2009 et intronisé le 1er février 2009. Il préside le Saint-Synode, qui gouverne l’Église entre les réunions du Conseil des évêques.

Pourquoi la cathédrale du Christ-Sauveur est-elle récente ?

La première cathédrale, consacrée en 1883, a été dynamitée le 5 décembre 1931 pour laisser place à un projet de palais des Soviets, jamais achevé. L’édifice actuel a été reconstruit à partir des années 1990 et consacré le 19 août 2000.

L’Église orthodoxe russe est-elle la même chose que l’Église orthodoxe russe hors frontières ?

Non, ce sont deux structures qui ont longtemps été séparées. Un acte de communion canonique signé à Moscou le 17 mai 2007 a mis fin à leur rupture, l’Église hors frontières restant autonome dans son gouvernement.

Quelles sanctions ont visé le patriarche Cyrille ?

Le Royaume-Uni l’a inscrit sur sa liste en juin 2022 et le Canada en juillet 2022 ; la Lituanie lui interdit l’entrée sur son territoire. Une inscription au sixième paquet de sanctions de l’Union européenne a été retirée en juin 2022, Budapest en ayant fait une condition de son accord.

Pourquoi Moscou et Constantinople ne sont-ils plus en communion ?

Le Saint-Synode russe a décidé le 15 octobre 2018 de rompre la communion eucharistique avec le patriarcat œcuménique, après que celui-ci eut engagé la procédure d’autocéphalie pour l’Ukraine. Le litige est décrit dans la page sur les patriarcats.

Combien de fidèles compte l’Église orthodoxe russe ?

Aucun chiffre unique ne fait consensus. Les sources officielles comptent diocèses, clercs, églises et monastères (303 diocèses en 2017), tandis que les estimations de fidèles reposent sur des méthodes différentes : le Pew Research Center comptait plus de 100 millions d’orthodoxes en Russie dans son rapport de novembre 2017, chiffre qui ne dit rien de la pratique.

Sources