Atlas orthodoxe est un site éditorial indépendant. Il n’a aucun lien avec l’Église catholique orthodoxe de France, l’Église orthodoxe des Gaules, l’Église orthodoxe celtique ni aucun autre groupe de rite occidental. Il ne les représente pas, ne les recommande pas et ne les dénigre pas. Cet article raconte leur histoire comme on raconte une histoire contestée : en donnant les dates, en attribuant chaque affirmation à ceux qui la font, et en disant quand une source manque.
En 1936, un décret du métropolite Serge de Moscou autorise un petit groupe de Français, anciens catholiques, à entrer dans l’Église orthodoxe tout en gardant l’usage de la liturgie occidentale. Presque un siècle plus tard, la mouvance qui s’en réclame est divisée en plusieurs groupes, dont aucun n’est membre de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. Entre ces deux points, il y a une idée, quelques hommes, des rattachements successifs et des ruptures. C’est cette suite que cet article reconstitue, avec la prudence qu’elle impose.
1925-1929 : des laïcs russes de Paris et une idée
L’origine n’est pas française mais russe. Après la Révolution de 1917, des milliers d’intellectuels russes s’installent à Paris. Le 22 février 1925, un groupe de laïcs fonde la Confrérie Saint-Photius, du nom du patriarche de Constantinople du IXe siècle. Parmi les fondateurs se trouve un jeune homme, Eugraphe Kovalevsky, né à Saint-Pétersbourg en 1905, qui étudie à la Sorbonne puis à l’Institut Saint-Serge. Il a deux frères, Pierre et Maxime, qui sont aussi dans le mouvement. La Confrérie se donne pour but de faire connaître l’orthodoxie aux Français, dans leur langue.
Cette ambition missionnaire prend une forme : le 11 novembre 1927, sa section Saint-Irénée organise la première paroisse orthodoxe de langue française. En 1929, la Confrérie décide de tenter de restaurer le rite des Gaules, c’est-à-dire de proposer aux Français une orthodoxie qui ne soit pas byzantine ou slave mais occidentale. L’idée est celle d’un héritage : l’Église de Gaule, celle d’Irénée, d’Hilaire, de Martin, était l’Église orthodoxe avant la séparation, et elle avait une liturgie propre, qu’on pourrait faire revivre. L’article sur l’ancien rite des Gaules explique pourquoi cette restauration pose, du point de vue des historiens, des problèmes de sources.
Le contexte est troublé. Entre 1929 et 1931, les paroisses russes de Paris se divisent entre l’archevêché rattaché à Moscou et celui qui se place sous Constantinople. Les biographes d’Eugraphe Kovalevsky notent que cette rupture a affaibli la Confrérie et ses paroisses filles.
1936 : un décret de Moscou
Le chemin vers une reconnaissance passe par un homme, Louis-Charles Winnaert, né à Dunkerque le 4 juin 1880. Ordonné prêtre catholique en 1905, il rompt avec Rome en 1919, passe par l’Église vieille-catholique en 1921, puis fonde en 1922 une « Église catholique libre » dont il devient évêque, consacré par James Ingall Wedgwood, de l’Église catholique libérale. En 1924, il établit l’« Église catholique évangélique ». À partir de 1927, il prend contact avec la Confrérie Saint-Photius et, par elle, avec le métropolite Serge de Moscou. Selon un article de The Tablet de 1937, repris par Wikipédia, son groupe compte vers 1932 environ 1 500 adhérents, six prêtres et un diacre.
En 1936, le métropolite Serge accepte de recevoir ce groupe dans l’Église orthodoxe par un décret qui l’autorise à pratiquer le rite occidental. Winnaert est reçu comme prêtre, à la condition que son mariage irrégulier soit dissous et qu’il ne soit pas élevé à l’épiscopat ; il est ensuite fait archimandrite et prend le nom d’Irénée. L’Église ainsi formée prend le nom d’« Église orthodoxe occidentale ». La consécration épiscopale que Winnaert avait reçue de Wedgwood est jugée douteuse par l’auteur Brandreth, dont le jugement, selon Wikipedia, n’est pas une source neutre ; ce détail compte parce qu’il touche à la question de la succession apostolique, centrale pour l’orthodoxie.
Winnaert meurt à Paris le 3 mars 1937, après avoir demandé que Kovalevsky soit ordonné prêtre. Celui-ci l’est trois jours plus tard, le 6 mars 1937. La suite est houleuse : la nomination de Kovalevsky à la tête de la commission pour les affaires occidentales soulève des objections au sein même du groupe, certains lui reprochant ses corrections liturgiques, d’autres ses méthodes. Il se retire de la présidence en octobre 1937.

1944-1945 : l’Institut Saint-Denys
Pendant la guerre, Eugraphe Kovalevsky est mobilisé en 1939, capturé en juin 1940 et envoyé dans un camp de prisonniers en Allemagne. Libéré en octobre 1943, il fonde l’année suivante, à Paris, l’Institut Saint-Denys, une faculté de théologie orthodoxe de langue française placée sous le patronage de saint Denys l’Aréopagite. Elle est reconnue par l’Académie de Paris le 9 mars 1945. Parmi les intellectuels qui s’y associent, on cite le philosophe Gabriel Marcel. C’est l’un des moments où la mouvance dépasse le cercle de l’émigration russe pour toucher un public français cultivé.
Son frère Maxime, né en 1903, est chef de chœur et compositeur. Il est connu pour avoir écrit des chants liturgiques en français, en s’inspirant de traditions orientales et occidentales, qui sont encore chantés dans certaines communautés. Les dates exactes de sa vie et de son œuvre n’ont pas été vérifiées par ce site et ne sont pas détaillées ici.
1953-1966 : les changements de juridiction
Pour mémoire, les rattachements successifs que rapportent les sources, avec leurs divergences :
| Période | Rattachement | Réserve de la source |
|---|---|---|
| 1936-1953 | Église russe de Moscou | L’article français n’explique pas la fin de période |
| 1957, ou entre 1959 et 1966 | Église russe hors frontières | Les dates diffèrent selon les sources |
| 1966-1972 | Indépendance | Rupture présentée par la communauté elle-même |
| 1972-1993 | Patriarcat de Roumanie | Reconnaissance retirée en 1993 |
La communauté a ensuite connu plusieurs rattachements, que les sources présentent de manière parfois divergente. D’après l’article de Wikipédia consacré à l’Église catholique orthodoxe de France, elle fait partie de l’Église russe de Moscou de 1936 à 1953. Selon Wikipedia en anglais, qui signale elle-même ce point comme à préciser, la communauté, pressée par l’Église russe d’adopter le rite oriental, aurait alors pris son autonomie ; l’article français n’explique pas cette fin de période. Elle rejoint ensuite l’Église orthodoxe russe hors frontières, en 1957 selon l’un, entre 1959 et 1966 selon d’autres. En 1961, une commission liturgique de cette Église, présidée par l’archevêque Jean Maximovitch de San Francisco, conclut que la liturgie gallicane qu’elle a étudiée est une œuvre traditionnelle orthodoxe : c’est ce que rapporte la communauté elle-même.
Eugraphe Kovalevsky est consacré évêque, en 1964 selon la notice de l’article qui lui est consacré, et sous le nom de Jean, avec l’archevêque Jean de Shanghai comme consécrateur. En 1966, la communauté rompt avec l’Église hors frontières. C’est elle-même qui explique cette rupture par des raisons de principe, par une incompatibilité idéologique, et par la volonté de préserver sa vocation occidentale et française. Cette version n’est pas celle d’un observateur extérieur, et l’autre partie n’est pas citée dans les sources consultées.
Eugraphe Kovalevsky, devenu moine sous le nom de Jean en 1966, meurt à Paris le 30 janvier 1970. Il est inhumé au Père-Lachaise.
1972-1993 : le patriarcat de Roumanie
En 1972, l’Église catholique orthodoxe de France, devenue Église orthodoxe de France, entre sous l’omophore du patriarcat de Roumanie. En 1974, selon Wikipédia, le patriarcat fait de la communauté l’un de ses diocèses ; il consacre ensuite Gilles Bertrand-Hardy évêque, sous le nom de Germain de Saint-Denis, la source ne donnant pas de date précise pour ce sacre.
En 1993, le patriarcat de Roumanie retire sa reconnaissance canonique à cette Église et rompt la communion avec elle. Selon l’article de Wikipédia consacré à l’Église catholique orthodoxe de France, le Saint-Synode de l’Église roumaine réduit alors l’évêque Germain à l’état laïc. Une partie des fidèles quitte la communauté, et la plupart rejoignent le patriarcat roumain. Selon Wikipedia en anglais, la décision est venue après un long conflit avec le Synode roumain au sujet d’« irrégularités canoniques alléguées » au sein de l’Église ; la nature de ces irrégularités n’est pas détaillée dans les sources consultées par ce site, qui n’a pas accès aux documents du synode et qui ne fait pas siennes les explications, favorables ou défavorables, qui circulent à son sujet. Il ne publie ici sur la personne de l’évêque que ces faits datés et attribués. Toute affirmation supplémentaire exigerait une source solide qu’il n’a pas.
Le 31 janvier 2016, un prêtre de la communauté, Jean-Louis Guillaud, élu par un vote des fidèles, est consacré évêque sous le nom de Benoît. Les consécrateurs sont l’ancien évêque Germain et l’évêque Cassien (Moukhine), de Marseille, ancien membre de l’Église russe en exil. Le Synode de la communauté est formé le même jour. Cette Église compte, d’après ses propres déclarations, une trentaine de paroisses.
Ce qui est contesté, sur le plan canonique
Il serait trompeur de présenter cette histoire comme un récit de légitimité continue, et tout aussi trompeur de la présenter comme une affaire classée. Les contestations se situent à plusieurs niveaux, qu’il faut séparer :
- l’admission de 1936 ;
- la succession apostolique ;
- les rattachements successifs ;
- le principe même d’un rite occidental ;
- le statut actuel.
L’admission de 1936. La question est celle de l’autorité qui a admis le groupe de Winnaert. Le métropolite Serge dirigeait l’Église de Moscou sous le régime soviétique, et une partie de l’émigration russe contestait alors l’autorité de cette hiérarchie. Les communautés qui se réclament de ce décret le tiennent pour valide ; d’autres le contestent.
La succession apostolique. Si l’on remonte la chaîne des ordinations jusqu’à Winnaert, on rencontre une consécration épiscopale reçue d’un évêque d’une Église non orthodoxe et jugée douteuse par un auteur. Le décret de 1936, d’ailleurs, n’avait pas autorisé Winnaert à exercer l’épiscopat. La suite de la chaîne passe par Jean de Shanghai en 1964, évêque de l’Église russe hors frontières, ce qui renouvelle la succession, mais cette ligne dépend du statut du consécrateur et de la régularité de la consécration, que chaque camp apprécie à sa façon.
Les rattachements successifs. Moscou jusqu’en 1953, l’Église hors frontières de 1957 ou 1959 à 1966, l’indépendance, la Roumanie de 1972 à 1993, puis de nouveau l’indépendance : chaque passage d’une juridiction à l’autre pose la question de savoir si le transfert était régulier et si la rupture l’était aussi. L’Église orthodoxe n’a pas de règle simple pour trancher, car l’appréciation revient à chaque Église pour ce qui la concerne.

Le principe même d’un rite occidental. Plusieurs Églises orthodoxes ont admis, à différents moments, des paroisses de rite occidental, d’autres s’y sont opposées. L’objection de principe est que l’orthodoxie se juge à sa continuité vivante, et non à la reconstitution d’un rite éteint depuis douze siècles. Les défenseurs répondent qu’un rite occidental est aussi légitime que les rites orientaux, et qu’il appartient à la tradition commune des premiers siècles.
Le statut actuel. Selon Wikipédia, l’Église catholique orthodoxe de France n’est aujourd’hui en communion avec aucune Église orthodoxe canonique. L’Assemblée des évêques orthodoxes de France, dont l’annuaire ne recense que les paroisses reconnues par ses membres, exclut ces groupes et met en garde contre l’usage abusif du nom d’orthodoxe. Cette exclusion est un fait. Les communautés concernées la contestent ou la regrettent selon les cas.
Des précédents et des cas voisins
La question d’un rite occidental dans l’orthodoxie n’est pas née à Paris. Dès 1904, selon l’article de Wikipedia en anglais sur l’orthodoxie de rite occidental, le Saint-Synode de l’Église russe avait examiné la demande de fidèles anglicans qui voulaient entrer dans l’orthodoxie en gardant leurs usages liturgiques, à l’initiative de l’évêque Tikhon, alors en charge du diocèse russe d’Amérique, futur patriarche de Moscou. Le Synode avait conclu que de telles paroisses étaient possibles, moyennant une liste de corrections doctrinales à apporter au Livre de la prière commune. Le principe d’un rite occidental dans l’orthodoxie a donc eu, dès le début du XXe siècle, une base dans l’Église russe.
Les expériences ultérieures ont suivi des chemins variables. Aux États-Unis, un édit de 1958 du métropolite Antoine Bashir, de l’archevêché antiochien, a permis d’y accueillir des communautés de rite occidental ; une société qui les regroupait, la Société de Saint-Basile, a été reçue dans cet archevêché en 1961, et un vicariat de rite occidental existe depuis lors. Dans l’Église russe hors frontières, la situation a évolué en sens inverse : le 10 juillet 2013, son Synode des évêques a décidé de ne plus ordonner de clergé pour les paroisses de rite occidental et a censuré un évêque pour des services non approuvés, d’après la même source. Autrement dit, une même Église peut autoriser un rite occidental à une époque et en restreindre l’usage à une autre.
Deux théologiens orthodoxes reconnus ont formulé des réserves de fond. Le métropolite Kallistos Ware jugeait cette orthodoxie de rite occidental intrinsèquement source de division : elle ne partage pas l’unité liturgique des paroisses voisines de rite byzantin et présente aux yeux de la majorité des orthodoxes un visage inhabituel ; il craignait en outre une fragmentation supplémentaire de l’orthodoxie dans les pays qui n’étaient pas de tradition orthodoxe. Le prêtre Alexandre Schmemann, dans un article de 1958, estimait que le débat sur un rite occidental risquait de détourner l’orthodoxie du besoin de redécouvrir le sens de sa propre vie liturgique, et qu’il ne suffisait pas de corriger des textes pour rendre une liturgie occidentale acceptable, parce que la liturgie exprime à la fois la foi et l’expérience de l’Église. Ces avis ne sont pas des condamnations des personnes, mais des objections de méthode, et il faut les connaître pour comprendre ce qui est en jeu.
D’autres groupes, d’autres noms
L’Église catholique orthodoxe de France n’est pas la seule à se réclamer d’une orthodoxie de rite occidental. L’article de Wikipédia consacré à l’orthodoxie en France cite, parmi les « Églises se revendiquant orthodoxes » :
- l’Église orthodoxe de France ;
- l’Église orthodoxe celtique ;
- l’Église orthodoxe française ;
- l’Église orthodoxe des Gaules.
Cette dernière, selon Wikipedia en anglais, a été formée en 2006 et se dit en pleine communion, depuis avril 2009, avec l’Église orthodoxe ukrainienne en Amérique ; l’article ne dit pas si les Églises orthodoxes canoniques la reconnaissent. Les noms se ressemblent, ce qui entretient la confusion, et l’ancien nom « Église orthodoxe de France », porté à une époque par la communauté de Kovalevsky, est lui aussi utilisé de nos jours dans des contextes distincts.
Ce site ne décrit pas ces groupes en détail, ne publie ni adresses, ni horaires, ni liens vers eux. Un lecteur qui cherche une paroisse peut vérifier si elle relève d’une juridiction membre de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France : la liste des Églises représentées est donnée dans le pilier consacré aux patriarcats et juridictions.
Comment lire cette histoire
La première règle est de distinguer l’idée et les institutions. L’idée d’une orthodoxie française, de langue française, tournée vers les saints de la Gaule, est née de gens sincères et cultivés, et elle a produit des œuvres : un institut, des chants. Les institutions, elles, ont connu des ruptures, et il revient aux Églises concernées, non à un site éditorial, de les apprécier.
La deuxième règle est de ne pas confondre cette histoire avec celle de l’orthodoxie francophone en général. La grande majorité des paroisses où l’on célèbre en français, 140 en 2024 selon l’étude citée dans l’article sur le nombre d’orthodoxes en France, relèvent des juridictions reconnues et célèbrent en rite byzantin. Le français n’est pas, à lui seul, un indice de rite occidental.
La troisième est de lire les sources avec leurs auteurs. Les propos que ce texte rapporte de l’Église catholique orthodoxe de France sont les siens ; les déclarations de l’Église de Roumanie ne sont citées qu’à travers un article de référence ; les jugements sur la validité des consécrations sont ceux d’auteurs qu’il a fallu nommer. Un lecteur qui veut aller plus loin trouvera une histoire savante dans les biographies publiées d’Eugraphe Kovalevsky, dans les travaux d’historiens de l’émigration russe et de l’orthodoxie française, et dans les archives des Églises, que ce site n’a pas consultées. L’histoire de l’institution qui a formé Kovalevsky, l’Institut Saint-Serge, est racontée dans l’article qui lui est consacré : l’Institut Saint-Serge.
Sources et limites
Ce texte repose sur des articles de référence (Wikipédia en français et en anglais) et sur le site Religioscope. Il ne repose pas sur des documents d’archives. Plusieurs dates diffèrent selon les sources : la fondation de l’Église catholique orthodoxe de France (1927 dans le corps de l’article, 1936 dans l’infobox), l’entrée dans l’Église russe hors frontières (1957, ou 1959), la consécration de Kovalevsky (1964 selon l’infobox, 1966 pour son accession à la tête de l’Église). Aucun texte des sites eglise-orthodoxe.eu ou orthodoxie-occidentale.org n’a été repris. Une erreur, un complément ou une rectification peuvent être signalés depuis la page de contact.
Questions fréquentes
Ce site représente-t-il l’Église catholique orthodoxe de France ou l’Église orthodoxe des Gaules ?
Non. Atlas orthodoxe est un site éditorial indépendant. Il n’a aucun lien avec l’Église catholique orthodoxe de France, l’Église orthodoxe des Gaules ni aucun autre groupe de rite occidental, et ne les représente pas. Il traite leur histoire en historien.
Les communautés de rite occidental font-elles partie de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France ?
Non. L’Assemblée réunit les évêques des Églises orthodoxes reconnues par les autres Églises orthodoxes. Son annuaire met en garde contre l’usage abusif du nom d’orthodoxe par des groupes indépendants.
Qui était Eugraphe Kovalevsky ?
Né à Saint-Pétersbourg en 1905 et mort à Paris le 30 janvier 1970, Eugraphe Kovalevsky, devenu l’évêque Jean de Saint-Denis, est la figure centrale de la mouvance du rite occidental orthodoxe en France. Il a été prêtre en 1937, a fondé l’Institut Saint-Denys en 1944, et a été consacré évêque, en 1964 selon sa notice, puis premier hiérarque de son Église en 1966.
Quand la communauté de Kovalevsky est-elle passée sous le patriarcat de Roumanie, puis en est-elle sortie ?
Selon Wikipédia, elle entre sous l’omophore du patriarcat de Roumanie en 1972, qui en fait l’un de ses diocèses. En 1993, le patriarcat lui retire sa reconnaissance canonique et rompt la communion. Ce site rapporte ces dates sans se prononcer sur les raisons, que ses sources ne détaillent pas.
Existe-t-il d’autres précédents d’orthodoxie de rite occidental dans le monde ?
Oui. Dès 1904, le Saint-Synode de l’Église russe avait jugé possibles des paroisses anglicanes de rite occidental. Un édit antiochien de 1958 a ouvert la voie à des communautés aux États-Unis, alors que l’Église russe hors frontières a décidé en 2013 de ne plus ordonner de clergé pour de telles paroisses.
Sources
- Wikipédia, « Eugraph Kovalevsky » (Confrérie Saint-Photius, 1925 ; décision de 1929 ; ordination de 1937 ; Institut Saint-Denys, 1944 ; mort en 1970) (consulté le 1er novembre 2026)
- Wikipédia, « Louis-Charles Winnaert » (1880-1937 ; décret de 1936) (consulté le 1er novembre 2026)
- Wikipédia, « Église catholique orthodoxe de France » (rattachements successifs ; 1972 ; 1974 ; 1993 ; 2016) (consulté le 1er novembre 2026)
- Wikipedia, « Catholic Orthodox Church of France » (1932 ; conditions de 1936 ; doutes sur l’ordination de Winnaert ; statut actuel) (consulté le 1er novembre 2026)
- Wikipedia, « Western Rite Orthodoxy » (décision du Saint-Synode russe de 1904 ; édit antiochien de 1958 ; 1953 et 1993 en France ; décret de l’Église russe hors frontières de 2013 ; réserves de Kallistos Ware et d’Alexandre Schmemann) (consulté le 1er novembre 2026)
- Wikipedia, « Orthodox Church of the Gauls » (formée en 2006) (consulté le 1er novembre 2026)
- Wikipédia, « Orthodoxie en France » (« Églises se revendiquant orthodoxes ») (consulté le 1er novembre 2026)
- Religioscope, « France : la présence de l’Église orthodoxe », 18 août 2017 (l’annuaire de l’AEOF exclut les groupes indépendants) (consulté le 1er novembre 2026)