Bordeaux et Toulouse donnent à voir des installations orthodoxes dans des bâtiments dont l’histoire commence ailleurs. À Bordeaux, la paroisse roumaine Saint-Joseph se réunit dans une chapelle dont le terrain fut acquis en 1663 et qui appartient aujourd’hui à la commune. À Toulouse, la paroisse Saint-Nicolas-le-Thaumaturge, fondée le 23 juin 1929, est établie dans une maison acquise en 1987-1988 puis transformée en église. Ces deux parcours éclairent la diversité des cadres matériels de l’orthodoxie en France, que présente aussi le hub des églises en France.

Bordeaux : la chapelle Saint-Joseph, de 1663 à la paroisse roumaine

La chapelle Saint-Joseph de Bordeaux est liée à la société des sœurs de Saint-Joseph, fondée vers 1616. Le terrain fut acquis en 1663 et l’édifice était sans doute achevé avant 1671. Cette chronologie, conservée par la notice Mérimée, replace le lieu dans l’histoire religieuse bordelaise antérieure à son usage orthodoxe. La chapelle est protégée au titre des monuments historiques par arrêté du 22 mai 1978, protection qui comprend son retable en pierre. Elle est la propriété de la commune. La notice patrimoniale de la chapelle Saint-Joseph permet de retrouver cette identification sous la référence PA00083161.

Aujourd’hui, le lieu est celui de la paroisse roumaine Saint-Joseph, relevant de la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, dont le siège administratif est à Limours. La présence d’une communauté orthodoxe dans un édifice du XVIIe siècle ne transforme pas son statut patrimonial : la chapelle demeure un monument communal classé. Cette superposition d’usages explique que la fiche d’une paroisse et la notice de protection décrivent le même bâtiment sous des angles distincts. Les informations pratiques publiées par la communauté figurent sur la page de contact de la paroisse Saint-Joseph.

Le nom Saint-Joseph désigne ici à la fois une chapelle bordelaise et une paroisse orthodoxe roumaine, sans que leur histoire institutionnelle se confonde. L’édifice procède de la fondation des sœurs de Saint-Joseph, tandis que l’association cultuelle orthodoxe porte le nom de Saint-Joseph. Pour situer la communauté dans l’organisation orthodoxe contemporaine, il faut distinguer les paroisses et les juridictions, sujet présenté dans schisme, patriarcats et juridictions. Cette distinction est utile à Bordeaux, où plusieurs communautés relèvent d’autorités ecclésiales différentes.

L’architecte de Saint-Joseph : une attribution prudente

L’attribution architecturale de la chapelle Saint-Joseph ne repose pas sur une mention d’auteur dans la notice Mérimée. Le site de la paroisse attribue cependant l’édifice à Julien Foucré dit l’Espérance, maître-maçon, et indique pour la sacristie les années 1678-1679. Cette formulation paroissiale constitue l’attribution publiée à retenir pour présenter l’histoire locale du bâtiment : Julien Foucré dit l’Espérance y est donné comme maître-maçon associé à la chapelle et à sa sacristie.

Une autre version, reprise par Wikipédia, dit que Julien Foucré dit l’Espérance « semble être » l’architecte. Cette nuance ne permet pas de transformer l’attribution en certitude documentaire, d’autant que la notice Mérimée ne donne pas de nom d’auteur. Le lecteur peut consulter la présentation proposée par la paroisse au sujet de son église monument historique, en gardant présente cette différence entre une attribution locale et l’absence d’auteur nommé dans la fiche nationale de protection.

Une femme élégante marche dans une rue animée d'une grande ville du Sud-Ouest, au bord d'un fleuve
Une rue d'une grande ville du Sud-Ouest, où les paroisses orthodoxes occupent des lieux réemployés.

La prudence sur l’architecte ne retire rien aux éléments datés du bâtiment : acquisition du terrain en 1663, achèvement probable avant 1671, sacristie située par le site paroissial en 1678-1679, puis classement du 22 mai 1978. Elle évite surtout de confondre les degrés d’information attachés à un même lieu. À Saint-Joseph, la valeur historique de la chapelle est attestée par sa protection patrimoniale, alors que le nom de son concepteur demeure présenté sous une attribution.

Les repères datés de la chapelle Saint-Joseph :

  • vers 1616 : fondation de la société des sœurs de Saint-Joseph ;
  • 1663 : acquisition du terrain ;
  • avant 1671 : édifice sans doute achevé ;
  • 1678-1679 : sacristie, selon le site paroissial ;
  • 22 mai 1978 : classement au titre des monuments historiques.

La paroisse grecque de la rue du Jardin-Public

Bordeaux compte aussi la paroisse grecque « Présentation de la Vierge au Temple ». Elle relève de la Métropole grecque-orthodoxe de France, rattachée au patriarcat œcuménique. Son identité institutionnelle est donc différente de celle de Saint-Joseph, qui dépend de la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale. La fiche de la paroisse Présentation de la Vierge au Temple publiée par la Métropole grecque-orthodoxe de France donne son implantation bordelaise.

Cette paroisse est parfois affectée par une confusion d’adresse avec la communauté russe de l’agglomération. Le 278, rue du Jardin Public correspond à la paroisse grecque, et non à la paroisse Saint-Séraphin-de-Sarov. La distinction est géographique autant que juridictionnelle : Saint-Séraphin se situe à Bruges, commune de l’agglomération bordelaise. L’Atlas retient donc, pour Bordeaux, des communautés nettement identifiées par leurs propres publications et par celles de leurs autorités ecclésiales.

La coexistence de Saint-Joseph et de la Présentation de la Vierge au Temple illustre deux implantations orthodoxes bordelaises relevant respectivement de la métropole roumaine et de la Métropole grecque-orthodoxe de France. Elle ne justifie pas de les présenter comme les représentants d’une même organisation locale. Pour élargir la comparaison dans le Sud-Ouest, la fiche consacrée à Biarritz et Pau montre d’autres situations d’implantation, sans confondre les villes ni les juridictions.

Bruges : une chapelle catholique cédée aux orthodoxes russes en 2016

La paroisse russe Saint-Séraphin-de-Sarov a été fondée en 2013. Elle relève du diocèse de Chersonèse, patriarcat de Moscou. Son église n’est pas située dans la commune de Bordeaux, mais à Bruges, dans l’agglomération bordelaise. Cette localisation doit être conservée avec précision : parler d’une paroisse russe « de Bordeaux » peut servir à désigner son aire urbaine, mais son adresse publique est brugeaise. Le site de la paroisse Saint-Séraphin-de-Sarov est l’interlocuteur indiqué pour les informations qui la concernent.

Le bâtiment était l’ancienne chapelle Sainte-Germaine des sœurs de Sainte-Marthe de Périgueux. La chapelle a été donnée le 3 juin 2016 à la communauté orthodoxe russe, lors d’un acte signé par l’évêque Nestor de Chersonèse. L’église a ensuite été bénie le 3 juillet 2016. Ces deux dates décrivent une transmission puis l’entrée du lieu dans son nouvel usage, et non la fondation de la paroisse, qui remonte à 2013. L’article de cath.ch sur la cession de la chapelle restitue ces étapes.

Le cas de Bruges correspond particulièrement au thème des lieux de culte réemployés : une chapelle catholique devient église d’une paroisse orthodoxe russe. Il ne faut toutefois pas déplacer l’église dans Bordeaux intra-muros, ni lui attribuer l’adresse de la paroisse grecque de la rue du Jardin Public. La topographie des communautés importe pour qui prépare un déplacement dans l’agglomération, comme les règles générales réunies dans repérer, choisir et arriver : visiter une église.

Notre-Dame-de-Kazan, la paroisse bordelaise de 1928

L’histoire orthodoxe de Bordeaux comprend une paroisse Notre-Dame de Kazan attestée en 1928. Elle se trouvait au 100, cours du Médoc et était alors dirigée par le père Nicolas Soukhikh. Son association cultuelle fut officialisée le 2 février 1929, sous le métropolite Euloge, dans l’archevêché des Églises russes en Europe occidentale. Cette paroisse desservait aussi Toulouse, ce qui éclaire les liens entre les deux villes au début de son histoire.

Une femme marche dans une rue pavée bordée de bâtiments en brique rose
Les façades de brique rose du Sud-Ouest.

Notre-Dame de Kazan ne doit pas être présentée comme une paroisse actuelle : son existence contemporaine n’est pas établie. Elle n’était pas non plus une paroisse toulousaine, malgré son rôle de desserte vers Toulouse à partir de Bordeaux. La date de 1928 concerne son implantation bordelaise, et le 2 février 1929 l’officialisation de son association cultuelle. Ces repères empêchent d’attribuer à Toulouse le nom de Notre-Dame de Kazan ou d’en faire une communauté active sans élément publié à cet effet.

Cette mémoire d’une paroisse russe bordelaise s’inscrit dans une histoire plus large des communautés issues de l’émigration. Ce rapprochement ne modifie pas le constat local : à Bordeaux, Notre-Dame de Kazan est ici une paroisse historique de 1928-1929, non une adresse actuelle proposée au visiteur.

Toulouse : Saint-Nicolas, du 23 juin 1929 à l’avenue de Grande-Bretagne

La paroisse Saint-Nicolas-le-Thaumaturge de Toulouse fut fondée le 23 juin 1929. L’assemblée réunissait 16 fondateurs et la fondation s’effectuait sur mandat du métropolite Euloge. Elle relève aujourd’hui de l’archevêque des Églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale, dans l’archevêché souvent appelé « rue Daru ». Son nom associatif est Association cultuelle orthodoxe russe de Toulouse. La page historique de la paroisse toulousaine retrace ses changements d’implantation.

Les premiers sièges connus se situèrent au 9, rue Ozenne, puis au 4, rue de la Rispe à partir de 1935. En 1966, la communauté s’installa dans la crypte de la tour Mansancal, rue Espinasse. Elle rejoignit ensuite la crypte de l’église Saint-Aubin en 1972, où elle resta 16 ans. Cette succession de lieux souligne que la paroisse ne fut pas immédiatement liée à l’édifice qu’elle occupe aujourd’hui avenue de Grande-Bretagne.

Les lieux successifs de la paroisse toulousaine, tels que l’histoire paroissiale les donne :

  • 9, rue Ozenne, puis 4, rue de la Rispe à partir de 1935 ;
  • 1966 : crypte de la tour Mansancal, rue Espinasse ;
  • 1972 : crypte de l’église Saint-Aubin, pour 16 ans ;
  • 1987-1988 : achat d’une maison au 302, avenue de Grande-Bretagne.

L’achat, en 1987-1988, d’une maison au 302, avenue de Grande-Bretagne marque une étape décisive dans l’histoire matérielle de Saint-Nicolas. La maison fut transformée en église, avec un recteur en fonction à partir de novembre 1987. L’installation actuelle procède ainsi d’une conversion de bâtiment résidentiel, différente à la fois de la chapelle communale de Saint-Joseph à Bordeaux et de l’ancienne chapelle catholique de Bruges. La fiche de l’archevêché consacrée à Saint-Nicolas confirme son rattachement et son implantation toulousaine.

La communauté est décrite comme multiethnique. Sa liturgie utilise le slavon, et l’emploi du français et du grec fut autorisé le 8 mars 1963. Ces éléments appartiennent à l’histoire propre de Saint-Nicolas, sans permettre d’en déduire une pratique identique dans les autres paroisses de Bordeaux ou de Toulouse. La comparaison avec Tours et le Val de Loire rappelle que les parcours d’installation des paroisses orthodoxes en France suivent des chronologies locales distinctes.

Adresses publiées et sources, vérifiées le 1er novembre 2026

Les adresses ci-dessous sont celles publiées par les organismes ou sites indiqués. Seules les adresses actuelles figurent dans le tableau ; les adresses historiques de Notre-Dame-de-Kazan et des anciens sièges de Saint-Nicolas sont citées dans le texte, avec leurs dates.

Lieu Adresse publiée Source Vérifiée le
Paroisse roumaine Saint-Joseph, Bordeaux 58-60, rue Paul-Louis-Lande, 33000 Bordeaux Site de la paroisse Saint-Joseph 1er novembre 2026
Paroisse grecque Présentation de la Vierge au Temple, Bordeaux 278, rue du Jardin Public, 33300 Bordeaux Métropole grecque-orthodoxe de France 1er novembre 2026
Paroisse russe Saint-Séraphin-de-Sarov, Bruges 15, rue François-Xavier, 33520 Bruges Site de la paroisse 1er novembre 2026
Saint-Nicolas-le-Thaumaturge, Toulouse 302, avenue de Grande-Bretagne, 31300 Toulouse Archevêché des Églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale 1er novembre 2026

Pour Bordeaux, le numéro publié pour Saint-Joseph est bien 58-60, rue Paul-Louis-Lande. Certains annuaires donnent 60 ou 63, mais ces variantes ne remplacent pas l’adresse communiquée par la paroisse. Pour Bruges, l’adresse de Saint-Séraphin-de-Sarov confirme que l’église relève de l’agglomération bordelaise sans se situer dans la commune de Bordeaux. Les coordonnées postales sont utiles, mais ne disent rien des conditions d’accès à un moment donné.

Visiter, écrire, se renseigner

Les horaires d’offices changent et appartiennent à chaque paroisse : il faut les demander directement à la communauté concernée, sans les déduire d’une autre église de Bordeaux, Bruges ou Toulouse. Un message poli qui dit qui l’on est et ce que l’on souhaite voir reçoit en général une réponse. L’Atlas a vérifié les informations présentées ici le 1er novembre 2026, sans pouvoir les garantir ensuite.

Questions fréquentes

Quelle paroisse orthodoxe occupe la chapelle Saint-Joseph de Bordeaux ?

La chapelle Saint-Joseph accueille la paroisse roumaine Saint-Joseph. Elle relève de la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, dont le siège administratif est à Limours. Le bâtiment appartient à la commune et est classé monument historique depuis le 22 mai 1978. Le classement comprend le retable en pierre.

L’église russe de Bordeaux se trouve-t-elle dans Bordeaux même ?

La paroisse russe Saint-Séraphin-de-Sarov se trouve à Bruges, dans l’agglomération bordelaise. Elle est rattachée au diocèse de Chersonèse du patriarcat de Moscou. La paroisse a été fondée en 2013. L’ancienne chapelle Sainte-Germaine lui a été donnée le 3 juin 2016.

Depuis quand existe la paroisse Saint-Nicolas de Toulouse ?

La paroisse Saint-Nicolas-le-Thaumaturge a été fondée le 23 juin 1929. Son assemblée fondatrice comptait 16 fondateurs. Elle a connu plusieurs implantations toulousaines avant l’acquisition, en 1987-1988, d’une maison au 302, avenue de Grande-Bretagne. Cette maison a été transformée en église.

La paroisse historique Notre-Dame-de-Kazan est-elle encore active à Bordeaux ?

Une paroisse Notre-Dame de Kazan est attestée à Bordeaux en 1928 et 1929. Son association cultuelle a été officialisée le 2 février 1929. Elle desservait aussi Toulouse à cette période. Son existence actuelle n’est pas établie.

Qui a construit la chapelle Saint-Joseph de Bordeaux ?

La notice Mérimée ne nomme aucun auteur. Le site de la paroisse attribue l’édifice à Julien Foucré dit l’Espérance, maître-maçon, tandis qu’une autre version écrit qu’il « semble être » l’architecte. L’attribution reste donc prudente.

Sources