L’histoire orthodoxe de Biarritz et de Pau s’organise autour d’une colonie russe établie dans le Sud-Ouest au XIXe siècle. À Biarritz, l’église de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu et Saint-Alexandre-Nevski, consacrée en 1892, est classée monument historique depuis le 13 mai 2016. À Pau, Saint-Alexandre-Nevski remonte à 1867 mais demeure fermée pour travaux structurels. Ces deux villes offrent ainsi des situations distinctes, réunies par une même présence russe historique, présentées dans le hub des églises en France.
Une colonie russe au bord de l’Atlantique
La présence orthodoxe de Biarritz et de Pau est liée à une colonie russe du XIXe siècle. Elle ne se résume pas à la construction de deux édifices, car elle a d’abord pris la forme d’une organisation religieuse destinée à des personnes installées ou séjournant dans ces villes. La paroisse de Biarritz situe explicitement son histoire dans ce cadre et rappelle que le père Hérodion fut fondateur et aumônier des paroisses de Biarritz et de Pau. Pau possède la chronologie la plus ancienne des deux villes, avec une église fondée en 1867.
Le Sud-Ouest ne constitue donc pas une simple extension tardive de l’orthodoxie russe en France. Selon le site de Saint-Alexandre-Nevski de Pau, l’église paloise fut la troisième église orthodoxe russe construite en France, après Nice en 1860 et Paris en 1861. La comparaison avec l’église orthodoxe de Nice permet de replacer cette séquence dans une géographie française plus vaste, sans assimiler les histoires locales ni leurs rattachements actuels.
La constitution de communautés russes hors de Russie a suivi des cadres sociaux et religieux variés, dont les formes changent selon les villes et les périodes. Dans le cas biarrot et palois, les dates de 1867, 1887, 1888 et 1892 dessinent un ensemble chronologique précis, avec une église paloise antérieure à l’implantation définitive de Biarritz.
Biarritz : de la chapelle du salon de 1887 à l’église inaugurée en 1892
À Biarritz, le projet d’une église russe a rencontré un refus en 1870, lorsque la République n’a pas autorisé l’édification demandée. La communauté n’est pas restée sans lieu de prière pour autant. Une chapelle provisoire fut consacrée le 11 septembre 1887 dans un salon du « Palais Biarritz », ancienne Villa Eugénie. Cette solution, rapportée par l’historique publié par la paroisse, précède de peu la construction de l’église conservée aujourd’hui.
L’autorisation fut obtenue en 1888. Le récit paroissial l’associe à l’intervention du tsar Alexandre III et au rôle du père Hérodion, alors lié aux paroisses de Biarritz et de Pau. Le terrain fut acquis en 1889. Cette succession, refus en 1870, chapelle en 1887, autorisation en 1888, acquisition en 1889, donne à voir un établissement progressif plutôt qu’une fondation instantanée.
L’église fut inaugurée le 25 septembre 1892 selon la paroisse. La notice Mérimée indique pour sa part qu’elle fut construite au XIXe siècle et consacrée en 1892. Certains sites tiers utilisent une période de construction allant de 1890 à 1892, mais la date précise de l’inauguration donnée par la paroisse est le 25 septembre 1892. Ces formulations ne s’opposent pas nécessairement, puisqu’elles ne désignent pas le même moment, construction d’une part, inauguration ou consécration d’autre part.
Repères chronologiques publiés pour les deux villes :
- 1867 : fondation de l’église Saint-Alexandre-Nevski de Pau ;
- 11 septembre 1887 : consécration de la chapelle provisoire de Biarritz ;
- 1888 : autorisation obtenue, puis acquisition du terrain en 1889 ;
- 25 septembre 1892 : inauguration de l’église de Biarritz selon la paroisse ;
- 13 mai 2016 : classement au titre des monuments historiques.
L’édifice porte le double vocable de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu et d’Alexandre-Nevski, également présenté comme Saint-Alexandre-de-la-Néva. Ce double patronage distingue l’église biarrote de l’église de Pau, elle aussi dédiée à Saint-Alexandre-Nevski. Il rappelle surtout que les deux établissements, tout en relevant de la même histoire régionale au XIXe siècle, ont suivi des parcours institutionnels et matériels différents.

L’église de l’avenue de l’Impératrice : architecture et classement de 2016
La notice Mérimée décrit l’église orthodoxe de Biarritz comme un édifice de style romano-byzantin. Elle en relève le plan centré, la coupole centrale et les vitraux géométriques de Mauméjean. Ces éléments permettent d’identifier l’église dans le paysage architectural biarrot sans ajouter des caractéristiques que la notice ne mentionne pas. L’édifice appartient à l’Association cultuelle orthodoxe russe de Biarritz.
Mérimée attribue l’architecture à « Tisnos » et « Nikonoff ». Ces graphies sont celles de la notice officielle. Elles diffèrent de variantes publiées ailleurs, notamment Tisnès, Tisnés et Niconoff. Pour éviter de confondre des orthographes secondaires avec l’intitulé de la base patrimoniale, l’Atlas reprend donc « Tisnos » et « Nikonoff », tels qu’ils figurent dans la notice Mérimée de l’église.
Ce que la notice Mérimée de Biarritz permet d’établir :
- un style romano-byzantin, un plan centré et une coupole centrale ;
- des vitraux géométriques de Mauméjean ;
- des architectes nommés « Tisnos » et « Nikonoff » ;
- un propriétaire, l’Association cultuelle orthodoxe russe de Biarritz.
Le classement au titre des monuments historiques résulte de l’arrêté du 13 mai 2016. Une inscription antérieure, datée du 11 mai 2015, a été abrogée. La date de 2015, encore reprise sur certains sites, ne désigne donc pas la protection actuellement en vigueur. Pour Biarritz, la formule exacte est bien celle d’un classement de 2016, et non d’une inscription de 2015.
L’adresse officielle de l’édifice ne doit pas être déplacée vers la rue Pierre-Loti, erreur parfois répétée. La base Mérimée rattache l’église à la parcelle AB 62 et publie l’adresse qui figure dans le tableau de cette fiche.
La restauration de 1984 et la vie de l’association cultuelle
L’église de Biarritz a connu une restauration en 1984. Selon la paroisse, cette campagne fut financée par une souscription, à laquelle Alexandre Soljenitsyne aurait contribué. La mention est publiée dans la présentation paroissiale de la restauration de l’église. Elle associe la conservation matérielle du bâtiment à un financement collectif, plutôt qu’à une intervention attribuée à une seule institution.
La propriété de l’édifice relève de l’Association cultuelle orthodoxe russe de Biarritz, d’après Mérimée. L’histoire paroissiale indique que cette association cultuelle fut déclarée en préfecture le 4 juin 1924. Ces deux informations concernent des réalités différentes mais complémentaires : la déclaration de l’association éclaire le cadre cultuel local, tandis que la notice patrimoniale identifie le propriétaire de l’édifice classé.
La restauration de 1984 s’inscrit entre l’inauguration de 1892 et le classement de 2016. Elle ne constitue donc pas un détail isolé dans l’histoire du bâtiment : elle appartient à une suite de moments documentés, depuis la chapelle provisoire de 1887 jusqu’à la protection patrimoniale. Les visites libres sont signalées sur le site paroissial, sans que cette indication dispense de vérifier directement les conditions d’accès avant un déplacement.
L’association cultuelle et la paroisse ne se confondent pas avec la seule image d’une église ancienne. Elles assurent aussi la continuité d’un lieu de culte dont le vocable, la propriété et la situation canonique sont explicitement présentés. Pour les informations pratiques actualisées, le contact public à privilégier reste le site de la paroisse de Biarritz, plutôt que des répertoires anciens ou des indications reprises sans date.
Une église russe sous le patriarcat œcuménique : lire la juridiction sans la commenter
Le caractère russe d’une paroisse, son histoire et sa juridiction actuelle ne sont pas des notions interchangeables. À Biarritz, le site paroissial indique que l’église relève, « depuis 1931 », de la ligne canonique placée sous la hiérarchie du patriarcat œcuménique de Constantinople. Il précise également l’usage du calendrier julien et des rites russes. Ces indications décrivent la situation annoncée par la paroisse, sans modifier l’histoire russe de sa fondation au XIXe siècle.

Depuis 2020, selon ce même site, la paroisse appartient au vicariat Sainte-Marie-de-Paris et Saint-Alexis-d’Ugine, sous l’autorité du métropolite de France. La Métropole grecque de France la répertorie sous le nom de « La Protection de la Très Sainte Mère de Dieu et Saint-Alexandre-Nevsky ». La concordance entre le site paroissial et cette liste permet d’identifier le cadre affiché pour Biarritz.
Les termes de patriarcat, métropole, vicariat et paroisse désignent des niveaux distincts de l’organisation ecclésiale. Ils peuvent être abordés à partir de cette page consacrée aux schismes, patriarcats et juridictions, qui donne des repères généraux au lecteur. Dans cette fiche, la juridiction est seulement rapportée telle qu’elle est publiée par la paroisse et la Métropole grecque de France.
Cette situation diffère de celle qui est indiquée pour Pau. L’annonce de ROCOR Europe parle de « notre diocèse » au sujet de la paroisse Saint-Alexandre-Nevski existante et de la nouvelle communauté paloise. Elle ne publie pas, dans la partie considérée, le nom exact de l’évêché. Pau ne figure pas dans les répertoires de l’archevêché de la rue Daru ni de la Métropole grecque de France consultés à cette date.
Pau : l’église Saint-Alexandre-Nevski, fondée en 1867
L’église Saint-Alexandre-Nevski de Pau fut fondée en 1867 à l’initiative du père Hérodion, aumônier de la colonie russe, selon le site qui lui est consacré. Cette même date est reprise par l’historique de la paroisse de Biarritz. Elle fait de Pau le premier des deux établissements du Sud-Ouest dans la chronologie ici considérée, avant la chapelle biarrote de 1887 et l’inauguration de l’église de Biarritz en 1892.
Le site de Saint-Alexandre-Nevski de Pau présente l’église comme la troisième église orthodoxe russe construite en France, après Nice, en 1860, et Paris, en 1861. Il évoque une souscription d’environ 65 000 francs auprès d’aristocrates russes. La somme est donnée sous cette forme approximative par le site paroissial et doit être lue comme telle. Elle illustre le financement de l’établissement palois par une collecte au sein de ce milieu.
Aucun architecte de l’église de Pau n’est retenu ici. Une attribution locale non étayée ne permet pas de publier un nom. De même, cette fiche ne lui associe aucune protection patrimoniale particulière. L’histoire de Pau peut ainsi être présentée avec les données certaines de 1867, de la souscription et de la fermeture actuelle, sans compléter le récit par des précisions non établies.
La présence orthodoxe russe à Pau ne doit pas être amalgamée avec celle des autres villes du Sud-Ouest. Les itinéraires locaux de Bordeaux et Toulouse relèvent d’autres implantations et d’autres configurations. Pau se distingue ici par l’ancienneté de sa fondation de 1867 et par la situation concrète de son église, fermée pour travaux au moment de la vérification.
Pau aujourd’hui : travaux, seconde paroisse
L’église Saint-Alexandre-Nevski de Pau est fermée pour des travaux structurels depuis au moins la fin de 2024. Son site affiche la mention « Église temporairement fermée pour travaux » et annonce une reprise des offices après les réparations. Cette situation impose de ne pas présenter l’édifice comme un lieu actuellement ouvert, ni de publier des indications d’accès cultuel qui seraient susceptibles de changer avec l’avancement du chantier.
Une seconde paroisse paloise, dédiée à saint Jean le Thaumaturge, ou Maximovitch, a été fondée au début de 2025. L’annonce est datée du 19 décembre 2024 / 1er janvier 2025 par ROCOR Europe. Elle précise que la nouvelle paroisse ne possède pas de lieu fixe. Elle ne doit donc pas être associée à une adresse, à un bâtiment ou à un calendrier d’offices déterminé.
L’annonce de la fondation de la seconde paroisse de Pau situe à la fois la nouvelle communauté et Saint-Alexandre-Nevski dans « notre diocèse ». Elle présente Saint-Alexandre-Nevski comme une paroisse existante. La continuité de la communauté antérieure et la création de la paroisse Saint-Jean-le-Thaumaturge sont ainsi attestées parallèlement à la fermeture du bâtiment historique.
Pau compte donc, dans cette fiche, deux réalités paroissiales documentées : Saint-Alexandre-Nevski, fondée en 1867 et fermée pour travaux, puis Saint-Jean-le-Thaumaturge, fondée au début de 2025 sans lieu fixe. Cette distinction évite de transformer la seconde fondation en réouverture de l’église ancienne, ou de supposer qu’elle dispose du même lieu de culte.
Adresses publiées et sources vérifiées le 1er novembre 2026
Les adresses postales sont limitées aux informations publiées par une source identifiable. Pour Biarritz, la base Mérimée fournit une adresse complète, assortie de la référence cadastrale AB 62. Pour Pau, aucune adresse n’est publiée dans le tableau : un site non institutionnel affiche une adresse, mais son caractère officiel n’est pas établi. L’église Saint-Alexandre-Nevski étant fermée pour travaux, cette retenue évite en outre d’orienter le lecteur vers un accès qui ne correspondrait pas à la situation actuelle.
| Lieu | Adresse publiée | Source | Vérifiée le |
|---|---|---|---|
| Biarritz, Protection-de-la-Mère-de-Dieu et Saint-Alexandre-Nevski | 8, avenue de l’Impératrice, 64200 Biarritz | Mérimée/POP, PA64000105 | 1er novembre 2026 |
| Pau, Saint-Alexandre-Nevski | Aucune adresse publiée par la source | ROCOR Europe, église fermée pour travaux | 1er novembre 2026 |
| Pau, Saint-Jean-le-Thaumaturge | Aucune adresse publiée par la source | ROCOR Europe, paroisse sans lieu fixe | 1er novembre 2026 |
La rue Pierre-Loti ne doit pas remplacer l’adresse biarrote publiée ci-dessus. À Pau, l’absence d’adresse dans ce tableau ne signifie pas l’absence historique de l’église Saint-Alexandre-Nevski, fondée en 1867 : elle reflète uniquement l’absence d’une adresse suffisamment établie pour être reproduite ici. La seconde paroisse, quant à elle, est explicitement annoncée sans lieu fixe.
Visiter, écrire, se renseigner
À Biarritz, les visites libres sont signalées par la paroisse, mais les horaires d’offices changent et appartiennent à chaque paroisse : il faut les demander directement à la paroisse. Pour Pau, Saint-Alexandre-Nevski est fermée pour travaux et Saint-Jean-le-Thaumaturge ne dispose pas de lieu fixe. Les indications utiles pour préparer une première venue figurent dans repérer, choisir et arriver : visiter une église.
Un message poli qui dit qui l’on est et ce que l’on souhaite voir reçoit en général une réponse. Pour Biarritz, le site paroissial publie un contact ; pour Pau, il faut se référer aux informations du diocèse concerné ou aux annonces de la paroisse. L’Atlas a vérifié les informations le 1er novembre 2026 sans pouvoir les garantir ensuite.
Questions fréquentes
Quelle est l’adresse de l’église orthodoxe de Biarritz ?
L’église de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu et Saint-Alexandre-Nevski se trouve au 8, avenue de l’Impératrice, 64200 Biarritz. Cette adresse est donnée par la notice Mérimée de la plate-forme POP. La rue Pierre-Loti, parfois indiquée ailleurs, ne correspond pas à l’adresse officielle.
Pourquoi l’église orthodoxe de Biarritz est-elle classée monument historique ?
L’édifice est classé monument historique par arrêté du 13 mai 2016. La notice Mérimée le décrit comme une construction de style romano-byzantin, à plan centré et coupole centrale. Elle mentionne aussi les vitraux géométriques de Mauméjean.
L’église orthodoxe Saint-Alexandre-Nevski de Pau est-elle ouverte ?
L’église Saint-Alexandre-Nevski de Pau est temporairement fermée pour des travaux structurels. La reprise des offices est annoncée après les réparations. Une seconde paroisse, dédiée à saint Jean le Thaumaturge, a été fondée au début de 2025 sans lieu fixe.
De quelle juridiction relève l’église orthodoxe de Biarritz ?
Selon son site paroissial, l’église est dans la ligne canonique du patriarcat œcuménique de Constantinople depuis 1931. Depuis 2020, elle appartient au vicariat Sainte-Marie-de-Paris et Saint-Alexis-d’Ugine, sous l’autorité du métropolite de France. Elle est également répertoriée par la Métropole grecque de France.
Pourquoi ne faut-il pas parler d’une inscription de 2015 pour Biarritz ?
Une inscription datée du 11 mai 2015 a bien existé, mais elle a été abrogée. La protection en vigueur est le classement par arrêté du 13 mai 2016. Certains sites reprennent encore la date de 2015, qui ne désigne plus la protection actuelle.
Sources
- Ministère de la Culture, Mérimée/POP, Église orthodoxe de Biarritz (protection, architecture, propriétaires et adresse) (consulté le 1er novembre 2026)
- Paroisse orthodoxe de Biarritz, Historique (chapelle de 1887, autorisation de 1888 et inauguration de 1892) (consulté le 1er novembre 2026)
- Paroisse orthodoxe de Biarritz, Restauration (campagne de 1984) (consulté le 1er novembre 2026)
- Paroisse orthodoxe de Biarritz, page d’accueil (juridiction, vicariat et contact public) (consulté le 1er novembre 2026)
- Métropole grecque de France, fiche de la paroisse de Biarritz (consulté le 1er novembre 2026)
- ROCOR Europe, A Second Parish is Established in Pau, France (travaux à Saint-Alexandre-Nevski et fondation de la seconde paroisse) (consulté le 1er novembre 2026)
- Saint-Alexandre-Nevski de Pau, site publié (fondation de 1867 et fermeture temporaire) (consulté le 1er novembre 2026)